Thérapie dans les étoiles

Avis sur Gravity

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Immersif est un terme qu'on emploie beaucoup en ce moment pour parler de certains films comme d'une "expérience". J'ai lu par exemple que Léviathan, horrible documentaire sur un bateau de pêche filmé en caméra gopro était un film "immersif": j'en suis sorti écoeuré, comme si j'avais été enfermé de force dans les toilettes d'un chalutier pendant plus d'une heure.
Gravity se veut lui aussi immersif. Un grand bain d'espace, voilà ce qu'il nous promettait. Je devais me sentir "en apesanteur", mais je vois tout de suite la machine qui fabrique toute cette poésie de l'espace. Au lieu d'être léger et flottant, le film est lourd, poussif. Après l'accident technique de la vingtième minute, il avance par stations : Sandra Bullock ouvre beaucoup de portes pour entrer dans des vaisseaux, elle appuie sur beaucoup de boutons pour essayer de revenir sur Terre. Où est la contemplation? Il y a une telle impuissance à regarder l'espace, voire à le faire exister, que Cuaron et ses scénaristes ont jugé bon de resserrer la deuxième partie du film sur le personnage de Ryan Stone (Bullock), astronaute dépressive, détruite par la mort de sa fille. C'est dans cette deuxième partie que Gravity révèle sa vraie nature (et sa véritable histoire): moins "immersif", il dérive vers le pur mélodrame et dit enfin ce qu'il est: une thérapie dans les étoiles.
PS: Le succès phénoménal de Gravity risque de produire une avalanche de films "en apesanteur": Alien en apesanteur, Spiderman en apesanteur, Dark Vador en apesanteur... On va avoir mal au crâne.
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