Lost in Space...

Avis sur Gravity

Avatar Alicia Arpaïa
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Après trois ans d'attente interminable, Alfonso Cuaron nous présente enfin sa vision ultra-réaliste de l'espace avec Gravity. Prenant comme terrain de jeu l'espace le plus hostile de l'univers, le réalisateur virtuose des Fils de l'Homme livre un chef d'œuvre technique au-delà de nos espérances avec un duo d'acteur en or. Pourtant, le défi était loin d'être facile. Le scénario de ce huis-clos se veut ainsi simpliste : deux astronautes, à cause d'un incident ayant détruit leur station, se retrouvent perdus dans le vide de l'espace tandis que leur source d'oxygène s'amenuise. Seul échappatoire, rejoindre une station voisine et amorcer leur retour sur terre.

Mais Cuaron va plus loin et transforme son film en une aventure humaine où l'homme se retrouve seul face à lui-même et à ses démons. Gravity n’est ainsi pas qu’un simple huis-clos spatiale comme on a déjà pu en voir, mais une odyssée incroyablement humaine. De plus, accumulant les plans iconiques, il affirme une esthétique unique pour un film de ce genre dont l’intrigue se déroule au deux tiers à l’extérieur des stations, ce qui est une grande première. Le réalisme est aussi époustouflant, car on a l’impression de voir se dérouler sous nos yeux un documentaire sur le plan visuel, de la façon de se déplacer en apesanteur aux travaux minutieux qu’effectuent les astronautes en mission.

Mais plus que tout, c'est la technique et l'esthétique irréprochable de Gravity qui le classe directement dans la liste des chefs d'œuvre qui font l'histoire du cinéma. Jamais la 3D n'aura été aussi bien utilisée au cinéma, donnant une profondeur stupéfiante à l'image, nous projetant au plus proche des personnages auxquels on s'identifie petit à petit. Il ne faut pas non plus négliger les effets sonores du film, jouant sur l’opposition entre le silence qui caractérise l’espace, et le son auquel nous sommes habitués. Par exemple, on peut percevoir un silence glacial tout au long du plan séquence à l'ouverture du film, où seules les voix grésillantes des personnages sont perçues. Mais le moment le plus impressionnant de ce point de vue est l’explosion de la station spatiale que l’on avait entre-aperçu dans la bande annonce, entièrement silencieuse, en total opposition avec la violence des images.

Donc même si sur le point technique et artistique Gravity est irréprochable, ces deux caractéristiques éclipsent deux autres composantes du film qu’il ne faut surtout pas négliger, l’interprétation et le scénario. Le spectateur totalement pris par la forme du film ne fait ainsi que peu attention au fond dans un premier temps. Pourtant, le duo Bullock / Clooney est épatant, la première tenant peut-être là le rôle de sa vie avec cette astronaute cassée par la vie qui donnera tout pour survivre, le second apportant un peu de légèreté à la gravité de la situation. Pour ce qui est du scénario, il reste en somme assez simple, avec un schéma classique du survival, mais tellement bien mené par Cuaron qu’il en devient prenant, ne laissant que quelques secondes de répit aux spectateurs avant d’enchainer les séquences fortes.

Bref, Gravity est un chef d’œuvre instantané comme on n’en avait pas vu depuis un moment, captivant du début à la fin, avec en prime une claque esthétique de tous les plans.

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