Hacker à vif.

Avis sur Hacker

Avatar Boubakar
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Le bide interplanétaire du film peut s'expliquer par plusieurs choses ; l'absence de têtes d'affiche (car tout Thor qu'il soit, Chris Hemsworth ne rameute pas les foules en salles), un sujet inédit, mais surtout qui tient de l'abstraction à base de piratages informatiques.

Cela dit, pour Michael Mann, qui est un peu le maitre du cinéma de l'abstrait, Hacker est un sujet rêvé ; celui d'un pirate informatique qui se lie à des services chinois pour déjouer des attentats à base de codes, ceci commençant par l'explosion d'une centrale nucléaire à Hong-Kong.
On voit très vite la patte de Michael Mann dans le style ; souvent filmé de nuit, utilisant le numérique comme peu de monde, et dans une histoire volontairement adulte, tenant dans un second degré très rare dans les grosses productions américaines.

Qui dit informatique dit malheureusement des scènes très vieillottes, dignes d'un War Games, en CGI où la caméra entre dans des circuits imprimés pour montrer l'effet d'un piratage sur un système ou, plus original, l'introduction d'une clé USB avec une vue sur le port, bouchant ainsi la caméra.
Côté action, c'est assez maigre, mais les quelques scènes restent fortes, comme l'échange de tirs autour de containers, le duel dans le bar ou celle concluant le film, qui se passe à Singapour durant une cérémonie religieuse où le héros et ses adversaires donnent l'impression de remonter à contre-courant. Rien que ça permet de démontrer que Mann n'a pas perdu la main, et que visuellement, c'est parfois splendide.

Au risque de me répéter, l'abstraction que constituent les piratages informatiques risque de laisser pas mal de monde sur le carreau, mais en ce qui me concerne, l'histoire est vraiment passionnante, avec une excellente B.O. de Harry Gregson-Williams et Atticus Ross qui donne au film une atmosphère presque futuriste.

L'échec du film risque fort de compromettre la suite de la carrière de Michael Mann, mais j'ai trouve ça très intéressant, car tel la cérémonie finale, le réalisateur ose aller à contre-courant du divertissement en proposant un résultat adulte, sans aucun second degré.

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