Figure mythique des films d'horreur des années 80, Michael Myers avait grand besoin, à l'instar de ses collègues de boucherie Freddy Krueger et Jason Vorheeves, d'une sérieuse cure de dépoussiérage. C'est Rob Zombie qui s'est attelé à la tâche dans ce reboot de 2007. L'homme n'est pas dénué de talent mais est surtout connu pour son groupe de trash metal White Zombie, dont l'iconographie est effectivement fortement inspirée du cinéma fantastique. La motivation est là : Rob Zombie a, entre autres tâches plus mineures, écrit, réalisé et co-produit le film. Pari réussi ?
Oui, définitivement. Le parti pris du réalisateur est ici de dépeindre la génèse d'un tueur psychopathe, en commençant par ses traumatismes de pré-adolescent. Ainsi, il donne un visage à ce qui n'était auparavant qu'une figure monstrueuse sans âme. Il décrit Michael Myers comme un jeune garçon sadique mal dans sa peu, martyrisé par son beau père, qui commence sa triste carrière en prenant plaisir à faire souffrir de petits animaux. La tentative aurait pu être maladroite, elle est au contraire particulièrement juste et crédible. Il est regrettable que cet aspect s'estompe quelque peu dans la deuxième partie du film.
Ce n'est toutefois pas parce qu'il gagne en humanité que le film en devient moins terrifiant, bien au contraire. Les scènes de massacres sont d'une sauvagerie qui ne laisse pas indifférent, filmées avec une telle maestria qu'elle laisse même planer quelques doutes sur la santé mentale de Rob Zombie. Pour autant, le film ne tombe pas dans le piège vulgaire du torture porn. Il distille soigneusement une ambiance de plus en plus sombre et malsaine, totalement respectueuse de l'oeuvre d'origine, et évite avec bonheur le politiquement correct (langage cru, scène explicites...).
Au final, on en ressort mal à l'aise, nauséeux, mais heureux d'avoir retrouvé un slasher qui fait vraiment peur, avec une vraie vision, et qui ne parle pas uniquement aux teenagers. Probablement un des meilleurs représentants du genre.