6
le 29 déc. 2014
SuivreEnterre-moi si tu peux
Inconnu dans nos contrées, le réalisateur coréen Kim Seong-hun est un homme patient et perfectionniste qui prend le temps nécessaire pour écrire ses films. Avec Hard Day, il est à la tête de son...
Hard day arrive à la suite d’une décennie de thrillers sarcastiques et décalés ayant assuré l’expansion mondiale du cinéma coréen. Après la comédie romantique Wonderful moment dont l’exploitation n’a pas dépassées les frontières, Seong-hoon Kim s’engage sur le terrain des maîtres locaux et coche l’option humour noir. Sous influence des frères Coen, son travail vire à la farce macabre, manifeste une orientation cartoon nuancée par des lambeaux de drame, avant que cela ne devienne l’inverse.
À tort, vu que son film ne restitue aucune espèce d’humanité et qu’on se fout carrément du destin de tous ces gimmicks sur patte pas du tout grinçants mais assurément bien lourds. Hard day est passablement divertissant mais dépourvu de colonne vertébrale, presque mort. Il se révèle mieux dans l’action et en même temps se trouve à ces moments-là plus que jamais au bord du vide, voir les deux pieds dedans.
Go Geon-soo lui-même perd tout intérêt à force de n’avoir aucun relief : au départ on voit débouler un vrai anti-héros qui le serait non en raison de son caractère mais de ses gaffes, puis finalement on doit accepter que cet homme-là n’a tout simplement aucune identité. Quand aux farces elles-mêmes, il y a effectivement de quoi se tordre si le plat rappel au lois physiques de bon sens, à des moments de tension particuliers, est perçu comme intrinsèquement hilarant. Il y a de quoi mais encore faut-il être tolérant puisque aucune mécanique visuelle ou formelle n’appuie l’humour.
Seong-hoon Kim laisse ce job aux scénaristes et aux acteurs, tous un peu bloqués, peut-être parce que multiplier les croquis n’engendre qu’un cumul d’esquisses lourdingues enveloppées dans du papier glacé. Ce n’est pas précisément fade, c’est plutôt une espèce de synthèse penaude, une démonstration hystérique et amputée de toute raison d’être : le mélange des genres donne un résultat bizarre, mollasson. Certaines rages subites saoulent par leur fausseté.
Techniquement c’est impeccable, la mise en scène est banale mais efficace, sonne pastiche très concret de Kim Jee-Woon (J’ai rencontré le diable) ou de Park Chan-Wood (JSA, Sympathy for Mr Vengeance). Malheureusement la fabrique à vannes est bouchée et ce qu’elle filtre vient s’écraser en semant un faux désordre limite plombant ou une basse ironie. Comme c’est coréen, une large partie des consommateurs cinéphiles a l’impression d’avoir trouvé un nouveau chef-d’oeuvre.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films coréens, Les meilleurs films avec des anti-héros, Le Classement Intégral de Zogarok et Les meilleurs films de 2015
Créée
le 11 janv. 2015
Critique lue 966 fois
6
le 29 déc. 2014
SuivreInconnu dans nos contrées, le réalisateur coréen Kim Seong-hun est un homme patient et perfectionniste qui prend le temps nécessaire pour écrire ses films. Avec Hard Day, il est à la tête de son...
4
le 29 févr. 2016
SuivrePrésenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2014 et ayant rencontré un beau succès en festival et dans les salles sud-coréennes, Hard Day est le second long-métrage de Kim Seong-Hoon...
6
le 6 mars 2016
SuivreThe harder they come - Jimmy Cliff Pour ce qui semble être son second long métrage, Seong-hoon Kim tente de nous proposer un polar coréen - genre qui fait les beaux jours du cinéma de ce pays - où il...
9
le 29 juin 2014
SuivreLa suite des Visiteurs fut accouchée dans la douleur. Des fans volent des morceaux de décors, le tournage est catastrophique, l'ambiance entre Muriel Robin et le reste de l'équipe est très mauvaise...
10
le 11 févr. 2015
SuivreC’est la métamorphose d’un nain intrépide, héros à contre-courant demandant au méchant de l’histoire pourquoi il s’obstine à camper cette position. Né par sa propre volonté et détenant déjà l’usage...
10
le 4 déc. 2014
SuivreDeux ans avant le scandale du Dernier Tango à Paris, Bertolucci présente son premier film majeur. Inspiré d’un roman de Moravia (auteur italien le plus fameux de son temps), Le Conformiste se...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème