La massue rance tous risques

Avis sur Hercule

Avatar zombiraptor
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Quand je vois la moyenne frigorifique de ce film ici, j’me dis qu’il y a du y avoir une certaine erreur sur le machin, comme l’impression ressentie par la plupart de s’être fait royalement entubé. Le film promettait un Demi Dieu montagneux en train de fracasser des bestiaux géants à la massue dans un homérisme de circonstance. C’était en plein dans la mouvance Pacific Rim, l’émulsion des foules, le besoin du gigantisme déflagrateur, tout ça… Du coup, se retrouver face à un imposteur confortablement emmitouflé dans le drap de soie duveteux de sa douillette légende, ça a du balancer une brise glaciaire dans les salles de ciné…

Le pire c’est que si le film avait répondu présent à ses promesses, sa moyenne aurait été à peu près la même. Voir un gros chevelu déboulonner d’improbables monstruosités de par des contrées nimbées de CGI, ça fait marrer mais ça ne doit pas s’apprécier par les gens de bon goût. M’enfin c’est pas l’cas ici. Ici, The Rock campe un mercenaire qui aime l’argent, tranquillement dissimulé derrière un rideau d'illusions bien pratiques, assis sur le rocher (haha) de sa glorieuse légende boursouflée. L’idée est excellente. Voilà c’que j’en dis.

Déjà, ça nous évite les excès de créatures numériques qu’on a déjà vu un peu partout ailleurs. Ensuite, ça crée un vrai personnage dans une vraie histoire. Un personnage du genre presque attachant. Une histoire du genre presque écrite. Olala bien sûr, y a rien d’original hein, juste le type au passé tout triste qui a besoin de croire en lui, doit affronter ses vrais démons et construire sa légende, blablabla. Mais ça fonctionne.
On a droit à quelques scènes relativement épiques, jouissives, de pur pulp, un épisode de dark fantasy déchaîné au coin d’une vieille bd. A chaque coup porté, c’est l’exultation, l’ennemi est projeté à plusieurs mêtres dans une déflagration, que ce soit à la hache, à la massue, sous les flèches ou par les énormes enclumes qui servent de poings à ce Dwayne Johnson idéal pour camper le rôle du fils présumé du Roi des Dieux. Il est fidèle à lui même et à son surnom, ses énormes bras ressortant de son armure comme deux improbables chaînes rocailleuses et noueuses et son couvre-chef taillé dans la peau du prétendu Lion de Némée, un peu ridicule, complétant parfaitement un personnage qui ne se prend jamais totalement au sérieux.

Mêlant de beaux petits accents de grosse brutalité avec toute la dose d’humour que peu apporter le massif rocheux dans un tel rôle, Hercule souffre au final de son propre statut de pur pulp divertissant peut être un peu trop réussi dans son genre. On reste sur sa faim au bout d’1h30 pourtant bien remplies. Le film, certainement plus finaud qu'il n'y paraît, jongle comme il se doit entre divertissement rigolo et vrai conte poisseux et on se dit qu’il y avait presque matière à faire un vrai truc. Sur quoi on se contente finalement bien de ce joli petit début de fresque peint à la sueur et à la testostérone. M’enfin dans tous les cas, ça n’mérite pas le dédain qu’on croise ici (surtout en comparaison de ce qui se fait ces temps ci dans le genre). Le tout petit quelque chose que j’attendais de Conan 3D et qu’il ne m’avait absolument pas donné, Hercule l’a fait, et c’est déjà vraiment pas mal.

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