Voilà, je suis en colère, je bouge une énième fois mes fesses pour voir un film de James Wan, et j'en ressors l'arrière-train finement haché et assaisonné d'amateurisme et de bêtise crasse. J'aurais dû arrêter les frais dès le premier Insidious, cette infamie ingrate sans âme, sans scénario et sans mise en scène qui ferait passer Phénomènes et After Earth de Shyamalan (un autre "maître du suspense", comme de par hasard) pour des monuments du cinéma de genre, mais non, j'aime me faire du mal, me flageller à la connerie humaine et perdre foi en l'humanité, alors une fois n'est pas coutume, j'ai rempilé.
Dans les faits, Insidious: Chapitre 2 repousse bel et bien les limites conceptuelles de son aîné. Ici, ce n'est plus seulement à un vilain plagiat que James Wan nous convie, mais à un véritable festival de la photocopie scénaristique, mêlant non sans ironie Psychose et Shining dans un vide aussi abyssal que sa mise en scène apathique le laissait présager. Le résultat n'est pas seulement d'un ridicule fini, mais est surtout un pavé de plotholes surréalistes et de non-sens théoriques (tuer un fantôme? TUER UN FANTÔME? NON MAIS SXJXHIUNKDSHTEHRKFI!!!) qui transforment cet exercice déjà périlleux - Insidious: Chapitre 2 n'étant pas une simple suite mais la suite d'un film de merde - en véritable comédie involontaire; et par comédie involontaire, j'entends comédie totalement indépendante des quelques velléités humoristiques qui zèbrent sa vacuité chronique.
Le résultat? Le pendant horrifique de Frances Ha (et je pèse mes mots, Frances Ha étant déjà suffisamment horrible comme ça), un patchwork indigeste de références, qui, sous couvert de cohérence formelle - le noir et blanc chez Baumbach, l'esthétique clownesque chez Wan - n'a en réalité qu'une seule et unique fonction: piller ce qui l'a précédé, et par conséquent, PRENDRE LE SPECTATEUR POUR UN PUTAIN DE CON.