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Isolation par Mickaël Barbato

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Un laboratoire profite de la déchéance d'un fermier pour lui proposer une petite expérience sur ses vaches. Orla, l'ex du fermier, assiste l'opération en tant que vétérinaire. Tout se passe bien dans le meilleur des mondes, sauf qu'une des bestioles met au monde un veau quelque peu... différent.
Le film est irlandais, nul doute que cette histoire n'aurait pu naître autre part que dans une patrie qui fut quand même pas mal touché par la vache folle et MCJ. Alors, on comprend très vite le soin avec lequel le réa évite tout effet comique. Ca aurait pu tomber dans la comédie-horrifique (qui a de plus en plus de mal à donner de vrais bons films), un peu à la Black Sheep, mais l'ambiance reste sombre du début à la fin, notamment grâce à une photo bien froide, qui rend austère le lieu, étouffant, menaçant.

Le film est une sorte de croisement entre Loach, Alien et un zeste de Frissons. La première partie détonne par une description violente et sans détours de ce qu'on peut voir dans une ferme. Une véto qui fout son bras dans le cul d'une vache jusqu'au coude (prises réelles, chapeau à l'actrice !) ne fait même pas sourire une seule seconde, et ça c'est un tour de force. Les personnages, leurs backgrounds à peine dévoilés, mais suffisamment simples et réalistes pour qu'on s'en empare, en sont les premiers artisans. On n'a jamais envie de rire d'eux, d'une action. Aller, peut-être un effet de pathos est-il de trop à un certain moment (souligné d'un "pourquoiii" bien gras), mais il se créé une sacrée tension autour d'eux. Le style caméra à l'épaule en est un artisan de premier rang et, pour une fois, est sagement utilisé : ça ne tremble pas à l'excès, et le montage n'en devient pas non plus beaucoup trop cut comme chez l'immonde Bay. Et puis la réa distille gentiment des plans ambigus, qui titille le spectateur et le met sur la route d'une épidémie possible avec une finesse étonnante pour un film pas mal gore.

La première partie met donc en place une ambiance sombre, et convainc dans la mise en place du suspens lié à ce que la créature va donner. Malheureusement, la seconde est moins bonne. On tombe dans de l'Alien alors que, visiblement, les moyens sont très petits. La créature part d'un bon principe, fait aussi peur qu'elle met en colère face à une telle infamie. Mais c'est très mal animé, et ce qui devait bien rendre sur le papier, un monstre rampant, se trouve être particulièrement raté quand le réa s'attarde un tout petit peu trop dessus. Heureusement, les plans sur la bestiole sont rares, ce qui ne manquera pas de frustrer les fans de "je montre tout", mais c'est un choix obligé qui aurait pu être éviter sans l'aspect un peu bourrin de cette partie. Ca reste bien regardable, mais c'est trop en dessous de la première partie pour ne pas gêner un minimum.

Un film honnête, qui ne révolutionne pas le genre mais lui rend service en ne tombant as facilement dans la gaudriole. Une surprise, venant du Royaume-Uni...

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