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Entre hommages vibrants aux films historiques d'hier et... d'hier ("Full Metal Jacket", "Apocalypse Now" notamment), entre pluie d'or noir en milieu hostile et humour grinçant, presque malsain, l'histoire d'Anthony Swofford est une véritable tempête dans le désert. Déjà habillé de plusieurs grands films à son actif, Sam Mendes mélange les genres pour raconter une aventure dérangeante et dépaysante dans les recoins d'une guerre qui n'en ai pas une. Car si le pari est risqué, comprendre filmer une guerre fantôme en lui donnant vie, Mendes pose ses pions au fil de l’œuvre à travers des scènes se dessinant presque comme une succession de sketchs. Sketchs retraçant les déboires de Swoff', jeune premier désireux d'inscrire son nom dans l'héritage glorieux de sa famille. Au delà d'images habilement photographiées, on s'invite et on s'abandonne aisément dans les illusions et les désillusions de ces Jarheads, on transpire avec eux, on se berce d'envies avant de tomber avec eux dans l'enfer de l'attente.

Ce qui (me) frappe aussi (surtout?) dans ce chef d’œuvre au goût de pétrole, c'est Thomas Newman. Le compositeur du film nous claque tout un univers dans une bande son tout simplement exceptionnelle, le tout soutenu par quelques morceaux divers et variés, de Tom Waits à Nirvana en passant par Naughty By Nature et même Kanye West pour le générique (grand dieu, seul l'instrumental sera conservée, décidément Sam Mendes a tout compris). On frisonne facilement en posant nos pieds dans un sable brulant, on s'attache à la personnalité des jeunes perdus entre ennuis et désirs d'en découdre, on découvre l'horreur, la folie, la peur, chaque émotions étant symbolisées par un son, des notes, une chorégraphie musicale. Comme si ce récital pouvait faire comprendre la dimension esthétique et psychologique de l’œuvre, sans pour autant avoir besoin de l'image.

Côté casting, il faudra bien y passer, mention spéciale à Jake Gyllenhaal qui campe sans doute son plus grand rôle au cinéma depuis Donnie Darko, un Jake qui aura une année bien remplie puisqu'il montera et se fera monter (au sens propre comme au figuré) dans "Brokeback Montain" quelques mois plus tard en 2005. Jamie Foxx, nouvelle valeur sûre de l'époque offre son lot de répliques cultes, demeure l'atout humour noir (sans mauvais jeu de mot) d'un monde où il parait impossible d'esquisser un sourire. Pour les autres crânes rasés du film, on notera la passion de Peter Sarsgaard, comme habité par le personnage qu'il campe.

Jarhead, c'est un véritable coup de cœur malheureusement trop sous estimé, peut être obscurci par les précédentes réalisations de son directeur, mais qui chamboule, intrigue, perturbe. Et ce jusqu'à la chute final. Vous serez pris par les tripes avec délectation. Car de toute évidence, 8 ans après sa sortie en salle, ce film nous laisse encore dans le désert...
ElNuggets
10
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