Tempo qui tue.

Avis sur John Wick

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Pour parvenir à brocher un clou d’un coup, d’une frappe, dans une belle planche il faut serrer le poing, lever haut, frapper juste, et fort, et fort. Deux coups c’est toujours mieux : on n'est jamais trop sûr. Ça, c’est John Wick. La précision, l’impact, le contre-impact. Une, deux, trois et trois deux fois. Du rythme messieurs, du rythme !

Je pensais que les films d’action étaient morts, un plomb diabolo perdu, fiché dans la tête d’un technicien hors-cadre. Une mort minable, sans bruit ou celui d’une pétarade sans saveur, blanche, où l’on tire des chargeurs infinis dans le vide, ou à côté de la plaque. J’annonçais à l’usure, un groupement ridicule sur cible acnéique. Et j’avais pris l’habitude de voir un zig courir, traîner sa pétoire, son jean et ses vices dans des foules, dans des rues anonymes et semblables ou suivre quelques types s’enfouir sous le verre pilé des bagnoles derrière lesquelles ils se planquent. Alors pour tirer ils tirent, et manquent. C’est à croire qu’il y a plus de risque à se paner sur une douille vide, qu’à se faire percer la couenne. D’ailleurs ça saigne toujours un peu, c’est vrai, mais un Mars® et ça repart.

Or là mesdames, ce film c’est de l’ébénisterie. Ça peaufine les angles, ça rabote sévère. John Wick c’est du fignolé, vous pouvez passer la main à plat joint et garder peau douce. C’est de la violence en ronde-bosse, ça ne rigole plus des masses. Tout est calibré, mesuré comme au cordeau, c’est dire : vous pouvez compter les balles. Glock 26, dix parabellum, neuf sous la main, une dans la culasse. Comptez jusqu’à dix, ça part comme une lettre à la poste et c’est reçu comme une facture.

S’il faut finir mon tapuscrit, c’est pour vous dire d’aller vous le faire. Crapotez de la Ventoline®, vous allez courir. C’est une autre façon de dire que vous serez tenus en haleine.

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