Le Bonheur par le mal

Avis sur Joker

Avatar Thomas Faidherbe
Critique publiée par le

Après avoir vécu l’enfer avec l’interprétation de Jared Leto dans Suicide Squad, Todd Philips réussit le pari de ressusciter brillamment le personnage du Joker avec l’interprétation du grandiloquent Joaquin Phoenix.

Dans les années 1980, à Gotham City, Arthur Fleck, un comédien de stand-up raté est agressé alors qu’il est déguisé en clown. Méprisé de tous et bafoué par les gens qui l’entoure, il bascule peu à peu dans la folie pour devenir le Joker, un homme torturé.

L'homme tente de trouver un espoir en l'humanité. Mais il va très vite se retrouver confronté à la réalité. Une réalité qui va se trouver incompatible avec sa personne. La société ne lui permet pas d'arriver à ses fins. Il sera dans l’obligation de remodeler l'humanité selon sa propre conception.

Le film a été récompensé du Lion d'or lors de la Mostra de Venise, fait rarissime pour un film de super héros. Pour rappel, seul Heath Ledger fut récompensé pour un rôle dans l'univers Marvel-DC.

L’homme face à la société

Dans l’origin story dédié à Arthur Fleck, Joaquin Phoenix semble être habité par son personnage. La “noirceur” du Joker intervient au delà de son physique. Le réalisateur en profite pour en jouer dans sa mise en scène et sa photographie. Cette dernière fait l’effet inverse d’une descente aux enfers. Les couleurs sont froides et ternes lorsqu’il est le commun des mortels et s’enchaînent avec une patte colorée quand la transformation est faite. Les ténèbres s’éclaircissent au fil du film. Le film est visuellement superbe et doit énormément à la photographie de Lawrence Sher.

De la résignation à la jubilation

"Les grands méchants ne naissent jamais méchants, ils le deviennent." C’est éventuellement le cas pour la figure emblématique du Joker. L’homme qui a vécu les enfers dans le passé, se voit dans l’obligation de se révolter face à la société. Sans en dévoiler les tenants et les aboutissants, Arthur Fleck est victime d’une société absorbée par un consumérisme interprétée par le personnage du présentateur vedette (joué par Robert De Niro).

Cette star de la télé est une représentation de notre société actuelle, lorsqu’il décide de se moquer de son prochain. Evidemment, le résultat n’en est que mérité puisque la réponse du Joker sera par la violence, un moyen pour lui d’exprimer son désarroi face au monde qu’il côtoie. Sa nouvelle identité va prendre le pas sur l’homme qu’il était.

Un projet unique et libre

En proposant une nouvelle approche scénaristique, Todd Phillips se permet d'approcher le récit avec un prisme d'auteur. Il signe davantage un film porté sur l'exploration de la folie avec un récit édifiant. Un choix bien différent comparés aux codes des blockbusters de super-héros / super méchants actuels.

Le choix est entièrement assumé par le réalisateur lorsqu'il déclare dans une récente interview pour Empire : "Nous n'avons absolument rien suivi des comics books, ce qui va rendre les gens fous (...) Nous avons écrit notre propre version de ce qui pourrait faire naître un type comme le joker"

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 112 fois
1 apprécie

Autres actions de Thomas Faidherbe Joker