Purple Règne

Avis sur Kick-Ass 2

Avatar Gothic
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"Game on, cocksuckers". Back in 2010, "Kick-Ass" avait surpris son monde avec son univers décalé, à la fois sombre et léger, ses personnages colorés et sa mise en scène inspirée. Trois ans plus tard et avec un nouveau réalisateur aux commandes, qu'en est-il de sa suite ?

SIGNS O' THE TIME
Chloë est devenue une jolie adolescente. Elle a un peu appris à jouer aussi. Pourtant, la magie Hit Girl opère moins, sans doute la perte du décalage entre l'innocence de sa jeunesse et ses actions de justicière violente et extrême qui faisait la force du premier opus. Ici le contraste est moins dérangeant. Pas d'initiation par son papa cette fois, forcément. Wadlow tente une approche similaire entre Mindy et Dave, mais cela ne fonctionne pas aussi bien. Pour couronner le tout, le film se pare d'un humour de teenage movie de bas étage, souvent scato-pipi-caca douteux, il faut voir la scène de la cafétéria, véritable diarrhée numérique (au sens littéral hélas), pour constater l'étendue des dégâts (des eaux).

Malgré un budget semble-t-il similaire entre les deux épisodes, la réalisation de Wadlow n'est pas aussi flamboyante, catchy, ni même lisible que celle de Vaughn. Les rebondissements tombent un peu comme un cheveu dans la soupe, il en résulte un intérêt moindre de la part du spectateur. D'autant plus que l'histoire n'est pas passionnante à la base, malgré une idée de départ qui aurait pu donner lieu à un bon gros délire assumé, en lieu et place de ce modeste délire faussement subversif plombé par des amourettes dont on se contrefout. Au point de craindre de voir débouler Jim ou Stifler au détour d'un couloir.

ZERO CORP
La vraie grosse idée de "Kick-Ass 2", c'est de vouloir créer une sorte de "Justice League" à renforts de "vigilante" tous plus ridicules les uns que les autres. Qu'on se le dise, Dave est de retour, et cette fois, il est (mal) accompagné ! J'ai d'ailleurs une question à ce sujet: est-ce que quelqu'un peut m'indiquer l'intérêt d'avoir recours à un mec comme Jim Carrey, capable on le sait de tous les excès, si c'est pour parvenir à un résultat aussi sage ? Je l'espérais en roue libre, en l'état j'ai presque envie de parler de "petite bite", pour rester dans le ton du film. Grosse déception, en partie compensée par l'arrivée de Night Bitch (qui porte admirablement bien son pseudo...bitch !), entre autres réjouissances.

Du côté des bad guys, Red Mist est de retour. Enfin, The Motherfucker pour être précis. Tout un programme. Iain "Jorah Mormont" Glen passe faire coucou, de même que John Leguizamo. Une brochette de méchants anecdotiques, parmi lesquels Mother Russia surnage. Sorte d'ersatz d'Ivan Drago en soutif, elle se pose comme la véritable force du groupe. Dans "Kick-Ass 2", c'est "Girl Power", à l'instar de la charmante Hit Girl chez les disciples du Colonel Stars & Stripes. L'affrontement final que l'on sent poindre laissera le spectateur sur sa faim. Encore une fois peu inspirée, la mise en scène est fade et ce n'est pas l'épilogue tout en vulgarité qui nous fera changer d'avis.

Si "Kick-Ass" effleurait le mauvais goût sans jamais vraiment tomber dedans, sa suite fait hélas bien plus que le frôler, tout comme le spectateur se rapprochera dangereusement de l'indigestion. Et cette fois, pas besoin d'appareil militaire sophistiqué pour se sentir nauséeux.

"Cross my heart, hope to die."

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