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Kickboxer par 0eil

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Quand un "belge mais je vis en Amérique" décide de venger son frère réduit au fauteuil roulant pour avoir voulu défier le champion thaïlandais d'un art martial dont on ne comprend pas vraiment duquel il s'agit, cela donne... un magnifique opus à la gloire de JCVD, dans lequel il va tenter de faire l'étalage de tout son talent d'acteur. Quelqu'un, par dessus mon épaule, m'explique que le métrage est un poil moins bon que Full Contact. De quoi laisser votre serviteur coi, mais bon, ce "Retour vers les années 80" ne saurait être complet sans Jean-Claude, non ?

Pour commencer, revenons sur un poncif de l'actioner de l'époque, la présence du clone raté de Freddy Mercury, une sorte de gage de qualité. Parce que non, il ne s'agit pas de céder à la facilité en engageant simplement un mec avec une moustache, certaines conditions sont à remplir pour que la ressemblance soit la plus propice aux moqueries. Ainsi donc, parents de tout pays, de toute nation, sachez-le, extrader ses enfants belges aux Etats-Unis peut provoquer des mutations de ce genre et le grand frère fictif de JC se voit donc affublé d'une magnifique moustache et de ce teint hâlé que partage de trop nombreux belges (enfin, surtout ceux qui ont fui aux USA donc).

Bon, revenons-en à nos moutons : Kurt décide donc de venger son frangin à moustache en allant coller une bonne branlée au vil méchant, reconnaissable à une tronche en plaie ouverte, bordée d'une longue natte. Pour cela, il décide d'aller emmerder un vieux sage asiatique, histoire que ce dernier lui enseigne un art dont on ne sait toujours pas exactement ce que c'est. Comment savoir qu'il s'agit d'un vieux sage ? Simple, il suffit de reprendre les poncifs : le monsieur parle avec un accent de folie, contemple les buses quand elles survolent sa maison (véridique) et envoie directement le héros faire ses courses, histoire de s'assurer de sa détermination (rien ne teste mieux une détermination qu'un voyage rapide au shoppi du coin). À partir de là, Kickboxer sort sa liste des stéréotypes et les coche tous les uns après les autres. L'entraînement dans un temple ? Check. La vision mystique de deux péquenauds en déguisement de vieux guerriers ancestraux ? Check. L'abattage systématique de cibles sous le regard paternel du vieux sage ? Check. Et la nièce du vieux sage ? Emballée, c'est pesé. On a droit à une séquence d'explication plutôt limpide sur l'expression « se faire casser les pattes arrières » (et ça n'a rien de sexuel, en fait). Et une mythique scène dans un bar où un Jean-Claude totalement ivre danse du disco comme un footballeur français la veille d'un match de coupe du monde, puis distribue des savates à des figurants qui attendent patiemment de manger des coups. Oh, notons aussi la présence d'un black qui se transforme en Rambo le temps d'une scène d'epicness où notre vieux sage harponne à grand renfort d'énorme crocher les parties génitales d'un second couteau. Il a vu la buse, faut pas l'emmerder.

Quelques petits rebondissements plus tard : les méchants, après avoir organisé un combat avec Tong Pô, décident de forcer Jean-Claude à perdre en kidnappant son frère en fauteuil (les voyous!) et en poussant le-dit Tong Pô à violer la petite copine de Jean-Claude (quelle idée!). Cela a deux effets : une réplique (« Tu te couches comme Mai-Ling ! ») épique et un jeu d'acteur fascinant (notre héros découvre la vérité et passe en Sayan Trois, faisant disparaître ses blessures et coupant tout instinct de préservation au méchant qui se retrouve réduit à attendre les coups du « belge mais je vis en Amérique »). Parce que si vous attendiez du combat, passez votre chemin : les chorégraphies sont en sens unique, chaque opposant patientant tranquillement le temps de prendre les coups de son adversaire, avant de les rendre. Poli. Mais niveau dramaturgie, ça relativise quand même beaucoup la portée des combats, qui se transforme en démonstration assez molle de virilité (le tout en string, pour le combat final, oui mesdames!).

Au final, même la nostalgie de cette époque naïve mais révolue du nanard concocté avec amour ne sauve pas ce Kickboxer (mais pourquoi « Kickboxer » dans le titre, au fait?). Nan, en fait, on va plutôt voir du côté de Full Contact pour éprouver un peu de sympathie pour le belge. Retournez donc en Occident, voleurs de culture ! Pourquoi quatre étoiles, du coup ? Jean-Claude qui serre les dents pour faire méchant, un bar louche, et le côté complètement fauché de la production suffisent malgré tout à rendre sympathique le métrage : une sorte d'hommage vibrant à l'époque RTL9 !

[Et voilà ! Piouh, pas facile !]

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