L'armée des 12 songes

Avis sur L'Armée des 12 singes

Avatar Wanoo
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Adaptation libre du chef d'œuvre de la SF d’avant garde La jetée de Chris Marker, Twelve Monkeys sonne comme l’un des coups de maîtres de l’ancien Monty Python. Gilliam parvient parfaitement à incorporer son style à la mi chemin de Kafka et de Tex Avery dans ce récit en forme de spirale infernale ; La télévision, comme les barreaux d’une prison, entourent, dominent, dictent la pensée des personnages, qui ne semblent être que des marionnettes d’un destin que même la passion et la vérité ne semblent pouvoir endiguée.

L’enfer bureaucratique, thème déjà dominant dans Brazil, devient le seul état possible d’un avenir obscur et troglodytique. En ce sens, le film nous amène à reconsidérer le temps présent, les beautés naïves que nous offre le monde et sur lesquels James Cole (Bruce Willis, dans son rôle le plus touchant) ne peut qu’être extatique. “J’aime votre air…”

Un état d’euphorie pouvant facilement être pris pour de la folie, l’autre grande thématique du film. Qui peut juger de la folie d’un homme ? L’enfermement du héros dans un hôpital psy aux allures de prison n’est pas sans rappeler Vol au dessus d’un nid de coucou, où le même désir d’échapper prédomine, dans cet univers sclérosé, métaphore d’une société préférant endormir ses citoyens plutôt que de les écouter.

Le film ne nous laisse alors qu’une porte de sortie possible : une échappée par le fantasme, le souvenir incessant, celui d’une vie pas encore vécue, d’un songe entraînant ; une porte vers le cinéma.

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