Le moindre geste.

Avis sur L'Armée des 12 singes

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La promesse d’un Chris Marker transposé dans l’univers de Terry Gilliam vaut ce qu’elle vaut – Décidemment il faudra que je revoie Brazil, que je le réhabilite ou que je comprenne ce qui ne fonctionne pas sur moi – mais on ne peut pas ne pas louer son originalité et son audace : Après tout, La jetée est un film de vingt-six minutes, et un roman-photo, par-dessus le marché – Ce qui ne l’empêche pas d’être l’un des plus beaux films du monde, qu’on soit clair. Bref, c’est un beau défi, assez excitant. Voilà un moment que je tenais à le revoir en double programme avec La jetée.

Si son sujet ne surprend pas tellement – pour du Gilliam, s’entend – le point d’interrogation, c’est donc la forme : Comment transformer le splendide travail de Chris Marker, sans le dénaturer et sans lui ressembler ? Pas certain que Gilliam transforme vraiment l’essai, qui plus est à le revoir aujourd’hui : Le film a beaucoup vieilli, il est rapidement épuisant. Dévoré par son emphase, comme tout film un peu trop conscient de sa virtuosité. Mais il reste le geste, la tentative.

J’aime plutôt bien L’armée des douze singes, mais déjà à l’époque j’avais trouvé ça très bordélique dans l’image, le rythme, la narration. Pas bordélique riche, mais bordélique lourd, avec cette impression qu’on peut enlever beaucoup de gras, de grandiloquence et qu’on y gagnerait énormément. Ou disons que je lui préfère nettement plus le chaos post-apo d’un Blade runner ou d’un Children of men. Il y a toujours un côté bouffon, kitch, clinquant dans 12 monkeys qui me garde à distance, comme si le film se refusait au sérieux du romanesque, notamment via des pics d’humour très maladroits et des interprétations over the top.

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