Pieds Noirs et Grand Teton

Avis sur La Captive aux yeux clairs

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1939 : les Indiens de La Chevauchée Fantastique représentent une masse emplumée hurlante à cheval, une menace déshumanisée avide de scalps qui fond implacablement sur la diligence et qu'on soupçonne de violer les femmes et de manger les enfants (ou le contraire), et contre laquelle tous les coups sont permis.
1971 : les Indiens de Little Big Man parmi lesquels vit Dustin Hoffmann sont de parfaits exemples du bon sauvage, proche de la nature, dont la simplicité de vie donne envie de tout plaquer et de s'installer tranquille avec un calumet sous un tipi , mais qui seront finalement massacré par le cruel homme blanc.
1952 : Entre ces deux représentations bien différentes d'un même peuple à 30 ans d'intervalle, il y a ces westerns des années cinquante qui cherchent tout simplement à mieux comprendre ces peaux-rouges qui peuplaient les plaines bien avant l'arrivée des colons.

C'est dans cette lignée humaniste que s'inscrit ce film d'Howard Hawks, en nous présentant ici les relations existants entre les Pieds-Noirs et les pionniers anglais ou français, malgré les difficultés de communication dues à la barrière de la langue (en effet ici les indiens parlent leur propre langue et non pas les pseudo-rudiments d'anglais habituels du style « Grand Chef Vouloir Parler Toi ») dans ces territoires encore mal connus à l'époque qui constituent aujourd'hui les National Parks du Nord-Ouest des Etats-Unis, Yellowstone et Grand Teton (ce dernier nom très imagé permet de rappeler que ce sont bien les trappeurs français qui ont été les premiers blancs à s'aventurer dans ces contrées lointaines). D'ailleurs, le film regorge de sympathiques expressions françaises très colorées, ainsi que de chansons à faire pleurer le plus dur-à-cuire de ces explorateurs intrépides.

Au niveau scénaristique, le film met en avant une belle histoire d'amitié entre Kirk Douglas et Dewey Martin (à noter qu'au départ Hawks voulaient Mitchum et Brando mais a dû se rabattre sur des acteurs moins connus à l'époque, bien que pour l'un de nos deux compères l'absence de notoriété n'allait pas durer très longtemps), amitié mise à mal par la beauté de Teal-Eye, la fameuse « Captive aux Yeux Clairs » interprétée par Elizabeth Threatt, jeune mannequin de père anglais et de mère Cherokee, dont ce sera malheureusement l'unique film.

Le rythme du film suit les caprices du fleuve, tantôt nonchalant, tantôt tendu quand le courant devient plus fort ou que les flèches sifflent, mais sans jamais se départir de l'humour, même lorsque Kirk se retrouve à un doigt de l'amputation.
Au final, un beau film d'aventures qui laisse notre esprit vagabonder le long des rives du Missouri...

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