Génération ridicule : cule

Avis sur La Cité de la peur

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Découvrir La Cité de la Peur avec plus d’un quart de siècle dans les guibolles aura été une expérience particulière : car si l’adage énonce qu’il vaut mieux tard que jamais, il n’en demeure pas moins que la prévisibilité d’une pléthore de citations cultes ne pouvait que saborder leur potentiel hilarant. Pour autant, le film d’Alain Berbérian demeure bien une comédie des plus honnêtes, alimentée à n’en plus finir par l’humour « absurdébile » de Nuls s’en donnant à cœur joie, la rédaction du scénario étant de leur fait... mais quel accueil lui réserver lorsque vous êtes, comme moi, un « pro-Inconnus » convaincu ?

Plutôt que de céder aux sirènes d’une comparaison malvenue, il est finalement préférable de remettre en perspective le caractère générationnel de la fameuse troupe, qui par l’entremise notable de La Cité de la Peur aura grandement contribué à façonner tout un pan de l’humour absurde en France. Une influence indéniable transpirant encore aujourd’hui, et d’autant plus vérifiable à l’aune de la multitude de vidéastes et regroupements pullulant sur le web : forcément, le long-métrage accusant le poids des années, il paraît dès lors dépassé... d’où l’utilité d’en contextualiser les tenants et aboutissants.

Ravalant qui plus est ma mauvaise foi, on ne passe pas un mauvais moment : il est d’ailleurs très amusant de relever toutes les références qu’enquille La Cité de la Peur avec application, le récit constituant un vaste délire proche de l’hommage... options jeux de mots, blagues potaches et non-sérieux comprises. Le trio Lauby/Chabat/Farrugia s’en donne ainsi à cœur joie au point de communiquer, en filigrane, un enthousiasme des plus prégnants ; pourvu d’un casting généreux, l’intrigue en profite qui plus est pour multiplier les apparitions aussi brèves que ridicules (dans le bon sens du terme), à l’exception notoire de seconds rôles prédominants (Gérard Darmon, parfait).

Au-delà, il est assurément difficile d’en demander plus au film, dont la verve parodique habille de son mieux un scénario fondamentalement décharné : encore que nous pourrions entrevoir là un certaine forme de satire à l’égard des médias et l’avidité humaine, mais les prétentions de La Cité de la Peur sont à n’en pas douter toutes autres... le fait que Claude Berri en refuse la réalisation car le jugeant « trop débile » en dit suffisamment long sur ce point.

Conclusion ? Mieux valait découvrir pareille œuvre culte du temps de sa sortie, ou tout du moins pas vingt-cinq ans plus tard... que cela me serve de leçon.

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