Misère sublimée- Pather Panchaly

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Avatar Dominique Such
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Loin de toute polémique sur les castes, l'histoire tourne autour d'une famille brahmane vivant dans la pauvreté. Le père, Harihar, est un prêtre incapable de subvenir aux besoins de sa famille. La mère, Sarbajaya, a la charge d'éduquer sa friponne de fille Durga et de veiller sur sa parente âgée, Indir, dont l'indépendance d'esprit l'irrite parfois. Avec l'arrivée d'Apu dans la famille, des scènes de joie et de jeu viennent agrémenter la vie quotidienne, parfois interrompues par une tragédie. La vie, de toute manière, est un combat, aussi Harihar doit partir en quête d'un nouveau travail, laissant Sarbajaya seule pour gérer la survie de la famille, la maladie de Durga, et la violence de la mousson.
Tout d'abord il faut souligner la qualité de l'image, photographie d'art servi par un cadrage exceptionnel. Les gros plans sont judicieux, et affectifs en ce qui concerne les portrait.
ensuite la nature telle qu'elle est livrée par l'image joue un premier rôle, et apparait de manière récurrente par une porte délabrée, et une ouverture dans un mur, comme un oculus dérobé qui ouvre un univers de misère sublimé par l'image mais également par une rythmique (Ravi Shankar) qui donne le ton, les hauts et les bas de l'existences de ces
Bengalis.
Cette rythmique traditionnelle de la musique indienne devient vibratoire, comme la nature qui semble étouffer ses habitants, vibratoire comme les pluie de la moussons qui vient ponctuer la tragédie, vibratoire comme une incantation religieuse et propagatrice d'espérance.
Kurozawa disait du film : ""Son style (celui de Satyajit Ray) est du plus pur lyrisme et traite avec poésie la misère et les drames d'une famille. Le découpage, la composition des regards et des attitudes transcendent un récit précis, le rendent encore plus authentique et nous permettent d'être en pleine communion avec les personnages, leurs situations et leur évolution.
ce lyrisme est celui d'une sublimation de la misère, par un art consommé de la perception de la trivialité, tel celui du peintre Andalou Bartolomé Esteban Murillo, peintres des pauvres du XVII eme siècle, qui transcenda par la peinture les mendiants de Séville et Cadiz.
Incontestablement une oeuvre de réference.
Sometime in the early years of the century, a boy, Apu, is born to a poor Brahmin family in a village in Bengal. The father, a poet and priest, cannot earn enough to keep his family going. Apu's sister, Durga, is forever stealing guavas from the neighbour's orchards. All these add to the daily struggles of the mother's life, notwithstanding her constant bickering with old aunt who lives with the family.

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