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La Femme Scorpion par Jérôme Richenauer

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Voilà un film pas évident à aborder.
La série des Sasori a toujours été une série qui m'a attirée. Déjà, pour sa plongée dans le cinéma-bis japonais des années 70. Ensuite, dans le genre c'est une série assez connue et culte. Et puis le personnage de Sasori a quelque chose de fascinant. Et c'est vraiment le point fort du film, mais j'y reviendrais.
Nami se retrouve en prison après avoir été trahie par l'homme qu'elle aime, un flic sans scrupule qui va l'utilisée de la pire manière afin de gravir les échelons de la hiérarchie. Nami fera tout ce qui est en son pouvoir pour s'évader et prendre sa revanche.
Nous sommes donc face à un film d'exploitation, mais aussi un film de prison. Prison au féminin.
On sent le message que cherche à faire passer Ito en dénonçant cette société totalement masculine, où les hommes profitent de leur position dominante pour écraser les femmes. Femmes qui ne sont pas en reste en terme de cruauté.
Et c'est pour moi le principal défaut du film. Outre le message que veut faire passer le réalisateur, il a quand même dû se plier aux besoins mercantiles. Ainsi, pour attirer le public masculin, Ito va faire subir tout ce qui est imaginable à la pauvre Nami: Torture, autant physique que psychologique, viol, privations...Les plans culottes et seins sont légion, et souvent de manières inutiles.
L'homme de son côté, n'a rien de glorieux. Ils sont tous pervers, violents, narcissiques et dominateurs, de véritables monstres. Ce qui peut placer le spectateur masculin qui s'attendait peut être à un film dont il était la cible dans une position très inconfortable car pas un ne sauve la mise, les seuls élans de sympathie provenant des femmes. Position assez jouissive, je dois l'admettre.
Donc ce film à un peu ce côté "cul entre deux chaises", et aujourd'hui, alors que la lutte des femmes pour combattre les inégalités est au plus forte, il pourrait vraiment déplaire à certains et certaines par ces plans racoleurs (dans les années 70, je le rappelle) et cette surabondance dans les sévices subis.
Mais le fond du message est toujours là, et alors que de plus en plus de scènes rappellent que non, l'homme n'est pas tout puissant et qu'il va devoir compter avec la femme à un niveau égal voir supérieur, quelque chose surnage là dessus.
Déjà, la mise en scène qui le différencie du cinéma-bis japonais d'aujourd'hui. Vous savez, celui où des lycéennes ont la poitrine qui se transforme en lance roquette et autres joyeusetés. Il y a une véritable recherche artistique et visuelle, et certains plans ont quelque chose de magique. Et la violence est crue, brut. Ça ne marche pas toujours, c'est par moment vraiment daté, comme ce sang genre ketchup, mais si on se laisse happé...
Mais le véritable gros point, c'est vraiment le personnage de Nami. Débordant de charisme grâce au jeu et à la présence de Meiko Kaji, au regard inoubliable, froid et assassin, elle n'accepte jamais la place de victime que tout le monde veut lui coller. Silencieuse, froide et calculatrice, elle subira stoïquement tout ce que le destin lui apportera, de la part des matons comme des autres détenues, dans un seul but: S'évader et prendre sa revanche, à n'importe quel cout. Et on assiste, fasciné, à la naissance de Sasori, la femme scorpion, que franchement il ne vaut mieux pas chercher.

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