The Mule : Jeu de miroir entre l’acteur et l'homme

Avis sur La Mule

Avatar Hawk
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A la veille de ses 90 ans, Eastwood continue d’écrire sa légende en jouant le rôle principal et en réalisant ce long-métrage. Un défi de plus relevé, haut la main, en proposant l’histoire d’un vieil homme s’évertuant à vivre, malgré la saisie de sa maison, en devenant un passeur de drogue. Par le biais de la mise en scène de ce fait divers, son rôle est quasi-autobiographique d’où une impression très singulière lorsque le générique apparaît. Cela est d’autant plus frappant que sa fille, Alison, joue "presque" son propre rôle dans la vie réelle.

Ce vieil homme/Eastwood prend conscience de ce qu’il a perdu, en faisant son mea culpa.

Il tacle, de manière réaliste et avec humour, la société contemporaine à travers l’utilisation que nous faisons de la technologie, tout en proposant une réflexion sur son devenir entre 2005 et maintenant.

L’histoire de La Mule sert de prétexte afin de montrer que c'est un individu qui n’est jamais là où l’attend. Une vraie tête de mule ! C'est peut-être facile mais vrai. En effet, alors que la plupart des spectateurs attendent le prochain film de super-héros de Marvel ou DC, Clint s’amuse à mettre en scène des héros américains ordinaires dans Sully, American Sniper, 15h17 avec plus ou moins de succès. Il a eu cette attitude tout au long de sa carrière. Un des exemples les plus frappants est celui de Bird contrastant singulièrement avec son image de personne raciste, véhiculée dans la saga des Dirty Harry dont il a réalisé certains segments. Pour en revenir au film, il prend même le parti de pousser la chansonnette avec des paroles plus ou moins légères pour expliquer l’état d’esprit de Earl donnant un aspect amusant à ce drame. En tant que cinéaste, il déteste s’enfermer dans les règles du genre cinématographique qu’il aborde. Cela résulte certainement de l’influence de Leone qui n’avait rien à battre des règles et de la censure américaine concernant la réalisation dont il a rendu un hommage à la fin d'Impitoyable, son ultime et crépusculaire western.

A travers ce road-movie, il montre les dérives sociétales aux états-unis à travers des scènes

(le contrôle routier d’un conducteur, la scène du sandwich avec le bœuf effiloché)

ainsi que la diversité des paysages rencontrés sur une partie de leur territoire.

Côté casting, il préfère être loyal en proposant un rôle à Bradley Cooper (American Sniper),à Laurence Fishburne ( Mystic River),à Michael Pena (Million Dollar Baby), sans oublier de nouvelles recrues féminines Dianne Wiest (Une habituée des Woody Allen) et Taissa Farmiga ( American Horror Story).

L’histoire n’est pas révolutionnaire, si on la cantonne au simple fait divers, même si elle est touchante. Cependant, elle prend une autre dimension si le spectateur considère qu’il brosse son propre portrait, en se mettant à nu, en tant qu’homme, avec ses failles et ses forces, par le biais de sa prestation et de sa mise en scène. L'affiche fait ressortir cette impression car son visage est présent au premier plan.

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