Barbant et peu inspiré

Avis sur La Prophétie de l'horloge

Avatar JobanThe1st
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(article précédemment publié sur Les Chroniques de Cliffhanger & Co)

On était plus habitué à voir Eli Roth aux commandes de films d’horreur à la qualité variable, du chef d’œuvre (Hostel : Part II) au navet (The Green Inferno). Mais l’an dernier déjà, il a tenté un remake de Death Wish (Un Justicier dans la ville, avec Charles Bronson) avec Bruce Willis (sorti en France en juin dernier), livrant au final un film vraiment très moyen, voire carrément pas fin du tout. Cette fois, on le retrouve à la réalisation de La Prophétie de L’Horloge, un film d’aventures pour enfants, produit par Amblin pour Universal : l’antithèse de ce que faisait Roth à ses débuts. En effet, ce proche de Tarantino a toujours fait des films d’horreur très directs, sexy et sanglants, aux budgets modestes. Ces derniers temps, il avait participé à une certaine émancipation du cinéma de genre chilien, en produisant des cinéastes locaux comme Nicolás Lopez ou Guillermo Amoedo, probablement sous l’impulsion de sa femme Lorenza Izzo, actrice chilienne. Il avait également lancé une chaîne télé nommée CryptTV, dédiée au cinéma d’horreur sous toutes ses formes, et sur laquelle il a produit multitudes de courts-métrages et de séries télé.

C’est donc une petite surprise de le retrouver coup sur coup sur des films aux genres très différents (un revenge-movie ultra violent et un film fantastique ciblé 6-14 ans), tous les deux complètement hors de sa zone de confort. Cela dit, on ne se change pas, et dans La Prophétie de L’Horloge, il ne peut pas s’empêcher de disséminer quelques jump-scares (légers) ou des résurrections cracras. Tiré d’un roman éponyme, le scénario est d’ailleurs écrit par un habitué du surnaturel, puisqu’il s’agit d’Eric Kripke, créateur de Supernatural, série de maintenant plus de 300 épisodes où démons et autres sorcières sont légions chaque semaine. Roth et Kripke tirent donc de ce matériau romanesque un film pour enfants tout à fait honnête en tant que tel, mais calibré à l’extrême, si bien qu’on a l’impression d’avoir déjà vu ce film 100 fois. La faute à un scénario des plus basiques et à une direction artistique vraiment questionnable, dont le maquillage (physique et numérique) de Kyle MacLachlan, raté en tous points. Quant à la mise en scène, elle s’avère vraiment faiblarde, peu inspirée. La musique, plutôt réussie mais incessante, si bien que nos oreilles saturent littéralement à n’avoir aucun moment de répit de ce côté. Pour le reste, c’est le calme plat : le film est en effet vraiment ennuyeux – voire soporifique.

Pourtant, côté acteurs on était en droit de s’attendre à une bonne surprise. Le trio de tête est fait des rodés Jack Black, cabotinant comme à son habitude, et Cate Blanchett, parfaite en vieille sorcière classe et maternelle, ainsi que du jeune comédien Owen Vaccaro, prêtant ses traits au héros Lewis, apprenti sorcier pourtant adorable. Et l’évidente volonté de nostalgie du film correspond bien aux choix éditoriaux d’Amblin, société fondée par Spielberg et le power-couple Kathleen Kennedy/Frank Marshall. Avec un héros enfant, original et marginal, traumatisé par la perte de ses parents, qui découvre un monde fantastique et une nouvelle cellule familiale, on n’est pas très loin des autres productions estampillées par le logo d’E.T sur le vélo d’Elliott. Seulement, s’il est loin d’être horrible, La Prophétie de L’Horloge est un divertissement un peu fade, déjà-vu et jamais impressionnant. Pas vraiment la définition même de "divertissement", du coup…

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