Jacen - Trip in Asia

Avis sur La Véritable Histoire d'Abe Sada

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La véritable histoire d'Abe Sada (1975) - 実録阿部定 / 76 min.
Réalisateur : Noboru Tanaka - 田中登
Acteurs principaux : Junko Miyashita - 宮下順子 ; Eimei Esumi - 江角英明.
Mots-clefs : Japon - Pinku - Erotique - Drame

Le pitch :
Kyoto, 1936. Un homme marié, père de famille et propriétaire d'un restaurant, Kichizo, s'éprend de sa serveuse et ex-geisha, Abe Sada. Leur passion dévorante n'ayant pas échappé à la femme de Kichizo, ils décident de louer une chambre dans les faubourgs. Du 23 avril au 7 mai, tous deux poussent à l'extrême les limites de leur amour. Le 20 mai, Abe Sada est arrêtée, le sexe de Kichizo dans sa main.

Premières impressions :
Il y a quelques mois, j'avais découvert les films érotiques japonais des années 70 en visionnant une perle du cinéma nommée "La maison des perversités" (1971 - Noboru Tanaka). J'avais été subjugué par la qualité de l'image et la beauté de la réalisation qui n'avaient rien à envier aux films plus classiques. J'ai voulu tenter de nouveau l'expérience en me penchant sur un autre film du même réalisateur : "La véritable histoire d'Abe Sada".

Et cette histoire, elle est connue de tous les amateurs de cinéma car il s'agit du même fait divers de 1936 qui a inspiré "L'empire des sens" (1976) à Nagisa Oshima. Toutefois, là où ce dernier représentait un couple d'une perversité sexuelle franchement crado, Tanaka nous montre avant tout de l'amour. De l'amour qui pousse à la jalousie, à la peur, à l'extrême, mais de l'amour avant tout. Dans le quasi huis-clos de la chambre, Tanaka s'attarde bien plus longuement sur les personnages et leurs sentiments.

L'image de Tanaka est également bien plus colorée et riche que celle d'Oshima. De "l'Empire des sens" je conserve le souvenir d'un film sombre et grisâtre alors que "La véritable histoire... " est tout l'inverse. Chaque plan de Tanaka est un tableau. Les décors sont travaillés, les accessoires laissés ça et là nous renseignent sur le quotidien des protagonistes. La musique quant à elle, est souvent constituée de chansons traditionnelles, sorte de coryphée qui dépeint au spectateur l'avancée de l'action.

Bien entendu, la trame du film ne change pas et la scène de fin est toujours une torture pour les spectateurs masculins. D'ailleurs, les deux versions d'Oshima et Tanaka comportent des scènes très similaires car elles sont probablement tirées des procès-verbaux de l'époque. Du reste, Tanaka termine son film sur les coupures de journaux qui avaient couvert l'affaire. Personnellement, j'ai largement préféré cette version à celle d'Oshima, mais je suppose que c'est une question de sensibilité personnelle.

Pour conclure, j'invite vivement les cinéphiles à se procurer "La véritable histoire d'Abe Sada", qui est un chef d'œuvre visuel. Avoir vu l'empire des sens n'est pas nécessaire, mais permet de comparer deux approches du même fait divers. Le film se trouve facilement en DVD d'une superbe qualité chez zootrope, dans la catégorie "culte & underground". Acheter un "Roman érotique" japonais des années 70 est déjà une sacrée expérience en soi.

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