La bolognaise érotique

Avis sur La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2

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Kechiche qui dit avoir choisi Adèle Exarchopoulos (profitez, je ne vais l'écrire qu'une fois) parce que quand il l'a invité au café, elle a mangé une tarte au citron, et que dans sa façon de manger sa tarte au citron, il y avait quelque chose qui l'a convaincu de l'engager... Et bien ça se comprendrait presque. Trois heures de film, c'est trois heures à voir entre autres les bouches béantes avaler des huîtres et des spaghetti en faisant un bruit incroyable, et les voir tous manger (surtout quand Adèle ne ferme pas la bouche) devient presque gênant. Gênant parce qu'au final, ces scènes de sexe interminables, elles ne s'arrêtent jamais vraiment, elles se continuent tout au long du film dans ces bouches énormes.

Adèle a beau ne pas fermer la bouche quand elle mange, on ne lui en voudra pas, et tout un début de film ne se concentrant que sur sa vie est plutôt agréable et surprenant (j'étais pleine d'a priori), une actrice absolument remarquable, un cinéma qui semble vrai, qui filme les classes de lycée comme les classes de maternelle assez bien pour qu'on y croit. Une actrice, je le répète, impressionnante. La vie d'Adèle c'était bien, Adèle, seule, ça marche.

Emma Seydoux arrive et le monde implose devant tant d'horreur, un tsunami de clichés se vomit sur nous.
Avant de cracher sur Emma, remarquons l'aspect extrêmement exaspérant de ces films où le cours de français du personnage principal est en fait d'une façon absolument pas subtile l'histoire exacte de sa vie. Comme par hasard on parle de coup de foudre et de recherche de soi en cours de français oulala comme par hasard ce même jour elle a un coup de foudre dans la rue, trop de finesse. Trop de finesse, de même, lorsqu'au vernissage on entend un "oulala cette opposition entre le bleu et le rouge ça fait vraiment ancienne Emma et nouvelle Emma quoi". Bon. Bon, genre à ce moment là Adèle porte une robe bleue. Le clin d'œil si subtil qu'il vous crève les deux yeux à coup de fourche parfaitement aiguisée, c'est tellement énervant mon Dieu. Ce ne sont là que des exemples, parce que le pire n'est pas dans ce manque absolu de finesse, mais plutôt en Emma.

Léa Seydoux a été choisi, elle, entre autre parce qu'elle avait quelque chose d'errant, de mélancolique, quelque chose qui a à voir avec le nomadisme, une façon de passer dans le monde qui correspondait au personnage. Certes, un personnage qui arrive, qui bouleverse toute une vie et qui repart, certes.
Mon Dieu je crois avoir trouvé le personnage le plus antipathique de tous les temps. Et alors, forcément, ça coince : si on regarde la vie d'Adèle, comment comprendre son amour pour une Emma si... Si conne ? Une attirance sexuelle, je comprends, mais enfin, pour que l'on puisse comprendre cette vie d'Adèle, il fallait que l'on comprenne son amour.
Mais déjà je sais pas mais pour moi il est évident que toute personne disant : "EUH MOI J'SUIS EN THÈSE D'HISTOIRE DES ARTS PHILOSOPHIE OUAIS J'TRAVAILLE SUR SCHIELE J'SAIS PAS SI TU CONNAIS VU QU'T'ES EUH... INSTIT' OUAIS... " mérite la mort et qu'il est donc interdit de présenter un personnage comme ça au cinéma, même pour une critique ou je ne sais quoi, puisque c'est quand même le milieu d'Emma, tout ça. De même pour un "Ouais j'suis aux Beaux Arts et je te conseille L'existentialisme est un humanisme de Sartre". Meurs. Surtout quand tu continues avec un "Non mais c'est pas mal que tu sois ici tu fais la cuisine et tout". Je sais pas, Emma, t'es tellement cliché que t'es absurde, comme ta scène au café où on se touche devant tout le monde sans souci. Je sais pas Léa, mais ce personnage était vraiment affreux, mal porté ou mal dirigé, à voir, mais affreux.

Au final, on ne s'ennuie pas, c'est bien fait, Adèle est un personnage bien mené par une Adèle prometteuse, mais je pense qu'on peut quand même conclure qu'essayer de représenter une espèce d'élite artistique et intellectuelle au cinéma, c'est le meilleur moyen de tuer des gens. Remarquons tout de même qu'à la sortie du cinéma, une fille ne pouvait pas s'arrêter de pleurer, mystère absolu, que mes capacités mentales sont loin de pouvoir résoudre.

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