La vie d'une L

Avis sur La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2

Avatar Léa Recover
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La vie d'Adèle ou la preuve même que la longueur compte - sauf pour nos héroïnes (mes excuses pour cette blague minable). Mais c'est quoi cette mode de rallonger avec ostentation ses productions? Depuis quand long est synonyme de bon? (on avait dit qu'on arrêtait avec cette blague, mince à la fin)
Trois heures à voir la bouche béante d'Adèle Exarchopoulos, manger tout sur son passage avidement (non vraiment, finie la blague), La Vie d'Adèle est victime d'une symbolique assez, pour ne pas dire carrément, lourdingue (avec une mention spéciale pour cette scène mythique, Adèle "je mange de tout, j'adore, sauf des crustacés", Emma "Ah moi j'adore les huîtres", heureusement que Marcel le mec en charge des dialogues a eu la présence d'esprit de remplacer "moule" par "huître", là oui, tout de suite, on fait dans l'artistique).

Le passage d'Adèle de l'adolescence à l'âge adulte est brillamment joué par cette même Adèle; ce n'est pas son interprétation qui cloche mais la nuée de clichés, et parfois même d'invraisemblances, dans laquelle elle s'épanouie tout au long du film, surtout celle de l'étudiante en L qui manifeste, qui écoute Bob Marley et qui fume sur l'herbe au soleil à la sortie des cours. Mais qui n'a pas de téléphone portable, non mais allô Adèle? T'es en L et t'as pas de téléphone?
Si la première partie du film est rythmée, enjouée et ressemblerait presque à un documentaire sur un collège du Nord de la France à la Strip Tease, la seconde partie devient lourde - aussi lourde que le filet de morve qui pend au nez d'Adèle bien trop de fois -, une réelle souffrance pour les personnages comme pour les spectateurs (et les actrices qui apparemment ont bien morflé avec Kechiche pendant le tournage).

Le côté artistique se dissipe, les scènes de sexe, qu'on aime ou pas, s'éternisent, sans apporter aucune valeur ajoutée au film (je serais bien curieuse de savoir ce qu'auraient dit les critiques dithyrambiques, si celles-ci avaient été entre hétéros?), avec toujours cette bouche, ces bouches, ces plâtrées de pâtes bolo (placement de produit Lustucru, ou bien?) et des personnages secondaires exécrables avec leurs affirmations philosophiques de comptoir et leurs analyses artistiques de maternelle.
Si Adèle et sa bouche sont prometteuses, c'est bien tout ce qu'on retiendra de ce film - pardon, de ces trois heures - contrairement au raz-de-marée vomitif Emma, dont on ne sait toujours pas comment il peut émouvoir Adèle à ce point.

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