Hum hum. Bof. Pffrt. Mouais.

Avis sur La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2

Avatar Biggus Dickus
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Ben voila, j'ai enfin attrapé le dvd de ce film dont on m'a bassiné waaaay waaay too much jusqu'à maintenant. Fallait que je le voie. Et puis, j'ai vu la dite Adele à la télé, et son côté branleuse-pas-glamour-qui-se-fait-chier-à-passer-à-la-télé-et-ne-se-prive-pas-de-le-montrer m'a bien fait rigoler. Ca m'a donné envie. Et puis zut quoi, palme d'or à Cannes, consécration de réalisateur et d'actrice, jackpot succès critique et patata patata. Alors je suis allé voir ça avec un a priori plutôt positif en vérité.
Le film commence. Gros plan sur Adele qui mange la bouche ouverte, c'est dégueulasse mais rigolo. Mais attention, des gros plans on va en bouffer. C'est l'histoire d'une gamine au regard bovin et aux cheveux gras qui se fait dragouiller par le beau gosse du coin, ils flirtent se cherchent s'esquivent se trouvent, ils couchent mais la petite Adèle a un doute existentiel et préfère le quitter et fin de l'histoire. Et puis elle croise le regard d'une fille aux cheveux teintés en bleu et se dit que pourquoi pas tiens. Alors elle se laisse dragouiller par une fille de son bahut et puis elles s'embrassent et puis en fait non alors elle sort en boite causer avec la fille aux cheveux bleus, elles se dragouillent elles flirtent elles s'embrassent en fait non en fait si elles couchent elles causent elles recouchent elles se présentent à leurs parents elles re-re-couchent elles subissent les harcèlements de leurs camarades de classe...
Stop! Vous le sentez pointer, dans cette bafouille affreuse que j'écris à une heure déraisonnable, ce vague sentiment d'ennui, cette lourde torpeur qui s'abat sur moi telle la chiure de moineau sur le pardessus du président lors de la marche républicaine?
Désolé, j'ai lâché l'affaire. Tout s'étire un max dans ce film c'est d'un chiant. On s'éclaterait plus à se les peler sur la ligne Maginot pendant la drôle de guerre. Non pas qu'on soit dans un film expérimental bizarre au rythme ronflant avec des cadrages contemplatifs qui durent des plombes, non, c'est juste qu'il se passe... rien. Désolé de sortir un argument ô combien bateau mais là... On a l'impression d'être rendus aux 20 premières minutes d'une comédie, celles où il ne se passe pas grand chose, alors que non on en est déjà à 1h40! Because ce film dure 3 bonnes heures, ce qui est certes la moyenne basse de mes rapports sexuels, mais c'est aussi long qu'un Lord of the rings, sans le sens du cadre. Je veut bien qu'on essaye de faire sauter les normes cinématographiques de temps en temps, mais trois heures, non! On ne fait pas un "drame social réaliste" (tout un programme) de 3 heures, laissez ça aux péplums et aux fresques historiques, bon sang de bois.
Trois heures de gros plans et de dialogues, de scènes creuses et/ou ronflantes quand elles ne sont pas flairées à trois kilomètres en alignant tous les clichés du ciné intello français avec une constance qui suscite l'admiration, entrecoupés de scènes de cul quelconques et bêtement porno qui se répètent, qui sont beaucoup trop longues et dont on trouve les mêmes filmées avec plus d'originalité sur Pornhub. Non merci. Je préfère encore les 3 heures de beauferie pop-corn d'un Transformers, au moins c'est plus rigolo. On pourrait d'ailleurs trouver une certaine pâte Michael Bay dans le traitement des personnages, tout aussi cliché: chez Adèle c'est le peuple, c'est les Tuche, on se baffre de pâtes en regardant le JT sans se causer, chez Emma on est des littéraires on mange des huitres et du bon vin en dissertant d'art contemporain. On se croirait dans "La vie est un long fleuve tranquille", avec les affreux Groseille d'un côté contre les Le Quesnoy cul-pincés, sauf que là c'est pas une comédie c'est censé être un drame réaliste. D'où est-ce qu'ils ont sortis l'improbable scène de bullying au lycée? Depuis quand les lycéens sont si méchants et bornés? Quoique, dans un lycée privé parisien, peut être? Niiiiark. Et puis je déteste aussi quand j'ai l'impression que le cinéaste est en train de me sermonner ou d'étaler sa science. Je parle là bien sûr des scènes pompeuses et bateaux des cours au lycée, où comme par hasard le prof de français est en train de faire une explication de texte de Mariveaux qui fait coooomme par hasard allusion aux enjeux du film (histoires de vices cachés tentation etc etc mais ça ne RACONTE RIEN, c'est juste pour que la prof de français dans le public soit contente d'avoir reconnu la référence). En guise de premiers échanges, les deux amoureuses -je vous le donne en mille, mais l'une veut être prof et l'autre artiste peintre, comme d'hab quoi- discutent spontanément de Sartre, du marquis de Sade et de l'ouvrage au titre le plus pompeux jamais imaginé par un humain: je parle bien sûr du désopilant "L'humanisme est un existentialisme", à moins que ça ne soit le contraire. Mais qu'est ce qu'on s'en branle. Ce flim n'est pas un flim, c'est un gargarisme, une auto-satisfaction sociale pour les pédants pas peu fiers d'avoir pigé telle ou telle référence de la grande Culture officielle. Le cinéma et la littérature, ça devrait pas être la même chose et ça fait bien un demi-siècle que le ciné français n'a pas compris ça (coucou Rohmer).
Arrivé à ce stade d'un récit cousu de fil blanc, dont je ne voyait pas ce qu'il pouvait m'amener de bien intéressant ni d'original en guise de péripéties ni de final, étant donné que je regardais ça avec ma copine et que nous étions rendus à une énième scène de cul interminable pendant que la voisine du dessus était en train de bramer le plus bel orgasme de sa vie, nous décidâmes de couper la télé pour faire des choses plus intéressantes. Je n'ai donc pas vu la vie d'adèle en entier et franchement j'ai pas envie. Je sais que c'est mal de critiquer quand on a pas vu en entier, mais là j'en ait quand même vu 1h40, ce qui est plus long que la durée moyenne d'un film normalement. Je vais quand même mettre un 4 dans le bénéfice du doute.
J'ai pas compris la palme. Le film ne l'aurait probablement pas gagné si on n'était pas un pays de gros cons qui se sont braqués sur le mariage gay au moment de sa sortie. J'ai juste vu un énième film de teenagers façon La boum (parfaitement, oui monsieur) , mais qui se prendrait bien trop au sérieux cette fois en prétendant que filmer des lesbiennes -dont la principale caractéristique ici est qu'elles passent le plus clair de leur temps à baiser- ça en fait une oeuvre militante. Je ne sais pas qui du film ou des critiques qui l'ont encensés ont fait preuve de la plus grande pédanterie, si caractéristique de notre conception franco-française du cinéma. Et y a beaucoup trop de gros plans. C'est chiant les gros plans, ça sert à rien, c'est un truc de fainéant et de narcissique, sauf si tu t'appelles Sergio Leone...

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