Les critiques étaient mauvaises, la bande-annonce miteuse : et pourtant, en me rappelant que les auteurs étaient ceux du succulent « Lascars », je me suis dit : pourquoi pas. Reste que j'avais quand même un mauvais pressentiment, et celui-ci s'est confirmé dès les premiers instants. Alors OK : il y a quelques répliques amusantes et l'interprétation dynamique des jeunes héros (notamment Maëva Arnoux et Victoire Poupon, adorables) rendent le truc supportable quelques minutes. Mais autant le dire : comment peut-on offrir un spectacle aussi stupide et indigent aujourd'hui ? Aucune volonté de créer, aucun regard, juste un empilement de sketchs souvent pathétiques, ayant visiblement pour seule volonté de ridiculiser les profs en leur inventant un quotidien complètement improbable, et à les humilier en diffusant des images de leur vie privée.
Comment les producteurs ont-ils pu miser sur une idée aussi lamentable, d'autant que l' « œuvre » se complaît un bon moment dans ce discours assez dégueulasse? Et puis au moment où l'on semble enfin aller dans la bonne direction (bien que toujours filmée de façon aussi racoleuse), voilà qu'on termine dans le grand n'importe quoi, démagogique au possible et rendant le « propos » encore plus pitoyable qu'il ne l'était. Seule compensation : Audrey Fleurot est vraiment excellente, piquante et sexy comme jamais, si bien que, comme le proviseur, nous aussi on aimerait bien la « ken » (ba quoi ? Je me mets juste au niveau du film!). C'est évidemment plus qu'insuffisant, « La Vraie vie des profs » venant pratiquement ruiner toute la crédibilité qu'avait pu engendrer jusque-là Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz. Consternant.