La rouetourne finit par tourner.

Avis sur Lady Chance

Avatar Boubakar
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Dans ma cinéphilie, je crois que plus que ça va, moins j'aurais de préjugés sur les films, car les surprises sont souvent de taille, quand j'ai de la chance.
Chance, c'est le mot du film de Wayne Kramer où William H.Macy est un gars poissard comme c'est pas permis qui a comme métier de rester à proximité des tables de jeux d'un casino de Las Vegas, afin que les joueurs perdent en sa présence. Lui ne joue pas, il ne fait que regarder. Tout ça pour payer une dette abyssale qui va prendre fin, mais le patron (Alec Baldwin) ne veut pas qu'il parte, jusqu'à ce qu'il rencontre une serveuse qui, elle, a de la chance, et semble déteindre sur lui.

Il faut avouer que l'histoire est très originale, un mec qui a comme une sorte de pouvoir inconscient, et ça marche à merveille dans ce film, passionnant de bout en bout, et porté par trois comédiens formidables, William H.Macy, Alec Baldwin et Maria Bello. Le second est un patron ordurier (le nombre de fuck prononcés est indécent) qui est à l'ancienne, à l'heure où des jeunots veulent moderniser son casino, mais margoulin comme pas deux, il refuse, et continue de s'engraisser grâce à son esclave poissard.
Le budget est très limité, quelques décors, et très peu d'extérieurs, mais ça sert à merveille le film, où tout le monde a l'air d'être dans une prison et que personne n'arrive à fuir de cet endroit. C'est également sexuel, avec des scènes vraiment osées entre Macy et Bello, où cette dernière s'endort en tenant le sexe du premier dans sa main ; à se demander comment un plan pareil a pu passer la censure... Est-ce là que ce mec va devenir soudain chanceux, ce qui ne plait pas à tout le monde ?
Il y a peut-être la partie avec son fils, accompagné de sa copine enceinte qui est un peu plus faible, mais il y a le plaisir de voir Alec Baldwin fait un geste monstrueux.

Malgré les moyens, Wayne Kramer arrive à faire des siennes, comme ce plan-séquence introduisant le casino, à la Boogie Nights, et les scènes de lancers de dés, où ceux-ci sont filmés comme s'ils paraissaient énormes.
C'est un réalisateur assez rare, une poignée de films en près de trente ans de carrière, dont j'avais bien aimé la radicalité de La peur au ventre, et je ne peux que fortement recommander Lady Chance, où 100% des gagnants (en l'occurrence moi-même) l'ont tenté avec succès.

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