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Le Chat et la Souris

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Le Chat et la souris a beau être un film policier, il s'agit avant tout d'un film signé Claude Lelouch. Le film part d'une histoire banale, celle d'un suicide maquillé en meurtre et la recherche du coupable - même si le commissaire Lechat (Serge Reggiani) pense tout de suite qu'il s'agit de Mme Richard (Michèle Morgan). La solution finale montrera que tout ce qui a précédé n'était qu'une suite d'élucubrations, faisant du chat et le souris un soufflet qui monte pour retomber volontairement - Lelouch est malicieux et s'amuse à se moquer de nous et de notre crédulité.

Le chat et la souris n'est pas du genre banal (rare de voir un commissaire faire parler ses suspects en leur lâchant son berger belge !) et encore moins, dans son traitement. On y retrouve les marottes du cinéaste que ce soit dans des petits détails (le film dans le film, l'attrait pour les motos, voitures) ou les grandes lignes (une histoire de séduction entre un homme et une femme ; une direction d'acteur qui laisse de la place à l'improvisation, histoire de donner un sentiment de naturel ; une caméra à l'épaule proche des acteurs et mobiles). Sur certaines scènes, le cinéaste tutoie le plan séquence - notamment lors de la scène de découverte du cadavre où le cinéaste arpente tous les espaces intérieurs et extérieurs de la maison. Plus encore, avec Le chat et la souris, Lelouch expérimente un principe - non systématique mais régulièrement utilisé : celui d'une caméra subjective qui remplace le regard, tour à tour, de tous les personnages. Ce contre-champs radical donne une proximité plus grande avec le spectateur, presque une connivence qui l'inclut le film. Cette caméra subjective donne deux scènes hallucinantes de virée en voiture puis en moto à 100 à l'heure dans les rues de Paris (qui annonce son court-métrage C'était un rendez-vous en 1976).

Mais la dernière image du film peut donner a posteriori une explication plus profonde (comprendre la forme au sujet du fond) de ce principe de caméra subjective. Une fois, l'explication finale donnée, on retrouve les deux personnages principaux (Reggiani et Morgan) filmés entre deux miroirs : dans le même plan et dans une vision cubique, les deux acteurs sont ainsi vus en même temps de dos, de face, dans leur entièreté. Comme si après n'avoir donné qu'une vision subjective de l'histoire à travers les différents personnages "point de vue" du film, la solution avait enfin reconstituer une image complète et complexe de la réalité.

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