Du lard ou du cochon

Avis sur Le Cochon de Gaza

Avatar Kowalski
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Pourtant j'aurais voulu l'aimer ce film! Ca commençait plutôt pas mal du tout, cette histoire du pêcheur Jaafar qui remonte de ses filets.....un cochon vietnamien! La bonne affaire! Oui, mais que faire de ce porc sain lorsqu'on est musulman et palestinien! Et nous voilà suivant les pérégrinations de ce cabot de Jaafar et de son cochon! Et je le cache à mon entourage, et je me le trimballe, dans ma remorque, à vélo peinant à monter des côtes de porc, et j'essaie d'en tirer un peu d'argent....pour finir par faire affaire avec Yelena, une jeune russo-israélienne : de l'argent contre la semence (du porc hein! Pas de Jaafar)...et cochon qui s'en dédie!

Partant de cette situation fort peu banale, Sylvain Estibal nous propose dans sa première partie, une chronique drôle et tendre pas dénuée d'une certaine subtilité. Si cela ne provoque pas de grands éclats de rires, le sourire nous quitte rarement. Et Sasson Gabai qui interprète Jaafar (alors qu'il est lui même Israélien) n'y est pas pour rien! Il se sert avec grand talent sa trogne et il est dur de le trouver antipathique avec son petit air de chien battu. Bref, j'étais bien confortablement dans le rythme du film, trouvant cette originalité dans le traitement du conflit israelo-palestinien très intéressante quand soudain....le drame! Jaafar se retrouve contraint d'utiliser son cochon pour faire un attentat (bien entendu, le porc tique!)

Adieu le porc épique, bonjour le porc de l'angoisse! Angoisse non pour l'action du film, mais pour la tournure que prend le réalisateur. On pressent depuis un petit moment que la seconde partie du film va partir en rognon! Alors pourquoi pas? Je n'ai rien contre un joyeux bordel moi, seulement tout le monde n'a pas le talent d'un Kusturica par exemple... Et désolé, Mr Estibal, mais là, ça ne le fait pas du tout! On oublie une certaine finesse pour partir dans un grand n'importe quoi, et moi, j'ai pas accroché! Le changement de ton est pour moi raté! Pas aussi raté que la fin ceci dit!

Ah cette fin! Aussi subtile qu'un DSK charmant la donzelle (un porc pouvant toujours en cacher un autre). Une des fins les plus indigestes qu'il m'ait été donné de voir! Et tout le monde pardonne tout le monde! Et vas-y que j'en fait des tonnes avec cette farandole de l'amour où tout le monde se retrouve autour d'handicapés physiques qui dansent! Et que je te rajoute un poème par dessus tout ça, au cas ou Blondin serait tellement con qu'il n'ait pas compris le message de paix et d'espoir.... ça dégouline de mièvrerie et de niaiserie... d'ailleurs c'est simple, ça dégouline encore!

Sylvain Estibal, pour son premier film, laisse transpirer un réel potentiel et fait montre de quelques qualités indéniables mais il donne aussi l'impression de n'avoir pas su comment finir son film, et semble franchement ramer dans la dernière demi heure! Je suis d'autant plus déçu par la seconde partie que j'ai été vraiment conquis par la première! Bref, le porc, salut!

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