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Malgré la claque graphique évidente qu’il représente, il est difficile de se faire violence pour finir Le conte de la princesse Kaguya. 2h20 à la pesée, c’est beaucoup trop pour l’histoire statique et linéaire dont il est question. Une belle tranche de vie, teintée de poésie, d’amour et de recherche de soi, qui véhicule des thématiques universelles, sans parvenir à en tirer l’essence, préférant à la place, s’appesantir sur chaque idée de façon déraisonnable.

C’est bien dommage, rarement le trait n’aura été aussi percutant à l’écran. Si dans le premier quart d’heure, ces esquisses emplies à l’instinct, d’une couleur qui ne cherche jamais à épouser le trait de façon scolaire, semblent un peu cavalières, bien vite, la poésie qui en ressort rend toute la direction artistique d’une élégante pertinence. Et quand la princesse, sur un coup de sang, s’enfuit à travers champs, tout le potentiel expressif qui se travestissait dans la fausse hésitation des contours explose alors aux yeux d’un spectateur pris de frissons. Les coups de crayons se libèrent pour devenir des lignes graphiques dont le seul but est d’accentuer le mouvement. Le résultat est sans appel, bluffant.

Mais jamais le frisson ne se reproduit à nouveau. Pire, ce climax, narratif, mais formel également, ne fait que s’estomper à mesure que l’histoire patine, que le quatrième prétendant tente de conquérir sa belle, que cette dernière construit son jardin, qu’elle recroise son amour d’enfance. Alors l’intérêt retombe, et si les somptueux tableaux continuent de s’enchaîner, avec magnificence lorsqu’ils puisent leur inspiration dans le passage des saisons et plus généralement les paysages naturalistes, ils s’apprécient toutefois avec un ennui poli, la dernière heure de film étant desservie par un rythme contemplatif exagéré : Isao Takahata a déjà tout dit, le conte s’éternise inutilement pour se diriger vers l’évidence.

Le titre n’a pas menti, à part un final un peu audacieux, tout tient du conte mou du genou dans ce dessin animé finalement sans surprise, sinon celle de la percussion trouvée dans son trait faussement naïf qui se fait sa place avec classe, lorsque la magnifique bande originale du grand hisaishi vient l’épouser, dans les cimes de l’expression artistique par le crayon.

oso
6
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il y a 7 ans

24 j'aime

8 commentaires

Le Conte de la princesse Kaguya
Hypérion
8

かぐや姫

Isao Takahata réalise avec Kaguya-hime no monogatari une merveille visuelle. S'appuyant sur le meilleur des techniques d'animation dernier cri, son équipe accouche d'un défilé époustouflant d'images...

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il y a 8 ans

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Le Conte de la princesse Kaguya
Eren
10

On en mangerait d'ces nuages !

On ne le dira jamais assez, mais il existe une synergie avec les films GHIBLI. Une sorte d'osmose devant laquelle on peut tous rester ébahi sans l'avoir été pour les mêmes raisons, sans avoir été...

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il y a 8 ans

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SeigneurAo
9

Takenoko !

Le conte de la Princesse Kaguya est passionnant à plusieurs titres. Le plus évident est l'envoûtement visuel et auditif procuré tout au long de la séance. Première collaboration entre Takahata et...

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