Tour à tour hypnotique et laborieux, Under the skin est un film qui exige de son spectateur un abandon total, un laisser-aller à l’expérience qui implique de ne pas perdre son temps à chercher réponses aux expérimentations visuelles qui envahissent le cadre.


Si certaines pistes semblent se dessiner en début de film, il ne sera nullement question pour Jonathan Glazer de livrer un début de réponse, ou tout au moins d’initier une vraie réflexion, bien trop occupé qu’il est à essayer de trouver une certaine cohérence à ses images. En témoigne un dernier acte bancal dans lequel il cherche maladroitement un point d’appui qu’il construit à grand coup d’anthropomorphisme bas du front visant à rendre sympathique cette saloperie de mutante qui s’est employée avec application à buter du jeune homme vigoureux pendant toute la première moitié du métrage.


Partagé entre tics d’auteur et séquences plus poignantes, qui parviennent à surmonter leur initiation balourde par un déroulement émouvant, comme cette noyade faite de désespoir qui saisit à la gorge autant qu’elle semble surgie de nulle part, Under the skin est un film particulier, mû par une intention que l’on devine sincère, mais portée par une inspiration qui, bien vite, vacille. Et lorsqu’elle vient à manquer, l’image audacieuse mais inutile s’impose en dernier recours, comme ces séquences surréalistes illustrant l’élimination de victimes qui s’enlisent dans une dimension inconnue, une érection pimpante étant de circonstance pour initier chaque disparition (ben ouais quoi, faut quand même bien faire comprendre à ce lourdeau de spectateur qu’ils se font happer par leur désir, par leurs pulsions de faible poupée de chair et de sang).


Quant à Scarlett, ah Scarlett, celle qui fait tant chavirer les cœurs, elle n’a jamais été aussi peu mise en valeur, chaque prise de vue accentuant son physique trapu de lutteuse russe (ouh le vilain troll ! ^^). Une performance à saluer de la part de la jeune actrice, qui se met en danger avec ce genre de rôle et rachèterait presque sa collaboration récente avec la famille Marvel.


Si je comprends qu’on puisse rejeter en bloc ou aduler la proposition de Jonathan Glazer, je me place, pour ma part, entre les deux sentiments. J’ai apprécié l’effort que fait le jeune réalisateur pour proposer quelques expérimentations visuelles étonnantes (cette peau que l’on ôte, ces corps qui s’évaporent dans un environnement autre), tout comme j’ai détesté son maniérisme thématique et sa constante dérobade dès lors qu’il est question d’assumer un peu plus son propos. Sans oublier ces longueurs perpétuelles, comme s’il était inconcevable d’expérimenter sans ennuyer péniblement son audience, du genre, tiens SOUFFRE EN SILENCE, manant ! C’est gavant à la fin !

oso
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le 7 déc. 2014

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oso

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