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Plus discret que son comparse Hayao Miyazaki, Isao Takahata n'en demeure pas moins une figure prépondérante de chez Ghibli, dont il est l'un des trois membres fondateurs ; à ceci s'ajoute une filmographie non négligeable, comme peut en attester sa fameuse adaptation de Le Tombeau des Lucioles en 1988, mais aussi plus récemment avec son dernier long-métrage en date : Le Conte de la Princesse Kaguya.

Immense succès critique, cette adaptation du conte folklorique éponyme arborait bien des arguments à même d'aiguiser la curiosité du spectateur, tant sur la forme que le fond : en ce sens, cette représentation animée du plus ancien des textes narratifs japonais supposait un dépaysement total (surtout en ce qui concerne un regard occidental) tout en se rapprochant d'un paradigme propre au conte (et de ce fait plus familier), ceci sous couvert d'un choix graphique pour le moins marquant.

Car s'il convient de reconnaître que l'intrigue de Kaguya s'avère intéressante, c'est bien de par son visuel que le film se démarque des productions d'animations standards : le style assumé ici a d'ailleurs beau tenir du croquis, il n'en est pas moins somptueux, magnifiquement atypique même, et constitue une longue fresque visuellement renversante qui sert parfaitement de support à la légende qui nous est contée.

Ajoutez à ceci la superbe musique de Joe Hisaishi, et vous obtenez un divertissement saisissant tant il est sans pareil, grisant de bout en bout et à même de vous coller des frissons au plus fort d'une séquence mémorable (la fuite sous un ciel lunaire au cœur de la capitale) ; à contenu poétique ambiance onirique en somme, l'atmosphère immersive de Kaguya captant de ce fait notre attention avec grande aisance, et ce dès les balbutiements de son sujet.

Bien plus qu'un sans-faute, la forme du long-métrage s'apparente ainsi à une expérience inoubliable comme pas deux, de quoi transcender avec brio un quelconque classicisme inhérent à son statut de conte animé ; en effet, le dépaysement ne saurait occulter des tenants et aboutissants pas toujours surprenants, quelques ressorts de trame apparaissant comme étant plutôt prévisibles au bout du compte (l'aveuglement du Père, les prétendants éconduits etc.), mais Kaguya possède plus d'un tour dans son sac.

Épaulée à merveille par son visuel tenant du divin, l'intrigue jongle avec justesse entre une simplicité presque enfantine (le premier acte surtout, qui s'avère captivant sans trop en faire), et l'instauration d'une tension découlant de la popularité croissante de l'extraordinaire Princesse, base d'un dénouement dramatique à même de vous arracher quelques larmes (ou presque dans mon cas) ; une bien belle palette de tons en somme, qui combinée à des personnages attachants confèrent au long-métrage une portée émotionnelle considérable (si l'on peut dire), de quoi nous faire oublier ses imperfections (minimes) d'ordre scénaristique.

On tient donc là un Ghibli majeur, énième preuve de l'imagination fertile du studio, celui-ci s'illustrant avec la manière au gré d'une originalité graphique aussi élégante qu'enchanteresse ; une adaptation de conte pour le moins réussie en résumé, celle-ci constituant une plongée fantastique au sein du folklore japonais.

NiERONiMO
9
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