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Le Guerrier silencieux - Valhalla Rising par zeugme

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J'étais parti pour écrire la critique la plus balaise de tout Senscritque quand un malotru a osé prétendre que ce film n'était pas le meilleur de tous les temps. Sauf que comme je sais plus trop comment faire depuis le temps que je n'ai pas écrit un truc sérieux, je vais prendre le risque d'écrire ce qui ne sera sans doute que la troisième ou quatrième meilleure critique du bazar. Désolé pour monsieur ou madame numéro cinq, mais on peut pas toujours laisser se dire un tas de conneries sans réagir.

Tu vois, ami visiteur de bonne foi, nos vies culturelles souffrent beaucoup d'un manque de prise de risque. Nature humaine oblige, on s'en tient à ce qu'on connait, à ce qu'on aime. Si on aime les trucs de ouf, on va vers les trucs qui semblent ouf, si on aime les teen-movies, on va vers les excréments d'Appatow. C'est comme ça.

Moi, j'aime bien les films contemplatifs, juré, mais je suis aussi le genre de bâtard simplet qui ne fait pas vivre le cinéma indépendant et qui aime bien les trucs comme Tron ou Inception. Alors aller voir 2001, l'odyssée de l'ennui pour autre chose que pouvoir dire que je l'ai vu, ben soyons honnêtes, c'est pas trop mon genre.

Alors tu vois, bâtard comme je suis, quand j'ai vu un titre comme Valhala Rising je me suis dit chouette, ça doit être un film avec des vikings qui se castagnent, mais en mode Bambi Disney comme toujours (oui, ça meurt et c'est triste, mais on est pas trop surpris). Et puis après Le 13 guerrier et Outlander (qui est une copie conforme du 13 paumé mais mieux et à pas cher), ça allait bien dans mon kif de passer une fin de semaine peinard à l'hosto (je te raconterai bien, lecteur amical, mais je sais que tu te branles de ma vie d'un point de vue général).

C'est équipé comme ça narrativement parlant que je suis allé voir Valhala Rising, tu vois. Un peu comme un mec qui irait voir Boogie Nights en se disant "Chouette, un film porno". Ah oui, mais non. Une chance que mes connaissances encyclopédiques sur les Vikings soit celles de l'inculte de base, ou alors je dirais qu'un viking pur-couille au temps même de la première croisade, c'est un coup du docteur Emmett Brown. Mais du coup, ça évite que je fasse mon malin et que je place des commentaires inutiles pour démontrer que j'ai de la culture ou accès à wikipédia.

Or donc, choc frontal. Déjà, dans tout Valhala Rising, ça cause à peu près autant que dans trente secondes de Desesperate Housewives. Bon, ok, ça fait quand même une centaine de phrases, mais étalées sur 1h30. Et là, gaffe, contrairement à l'autre tu sauras pas qui One-Eye - le héros ? - voudrait sauter ou de quelle ethnie est sa manucure. Les discours, c'est pour les gheys, Je te dis ça en passant parce que chez les vikings, être momosexuel était le plus court chemin vers le cimetière (avec le manque de bon goût vestimentaire, n'est-ce-pas paradoxal ?). One-Eye ne cause pas. Tel un Machete des temps pas modernes, il tue. Et tue encore. Point barre.

C'est que Mads Mikkelsen qui joue One-Eye, dont je suis fan depuis que j'ai trois ans, est clairement en mode survie. Il tue autant qu'il le faut, pas plus, pas moins, pas de regrets et pas de fleurs non plus. Et sa route bizarre l'amène sur un bien drôle de chemin.

Que reste-t'il de ce film quelques mois plus tard ?
D'abord, confier les plans à un navigateur exalté mais à l'hygiène discutable n'est pas forcément une bonne idée, même quand on est guidé par des visions. Ensuite, comme dirait un kobold de Icewind Dale 2, on peut parfois profiter de "purs moments de contemplation". Valhala Rising est un pur moment de contemplation où il ne se passe souvent rien, et occasionnellement plusieurs morceaux de jarrets passent à l'écran le temps qu'il faut pour dire "Coupez". Et au final, on est certes déboussolé, on a pas grand-chose à raconter, mais quelque part on en ressort avec une leçon de vie plus intime et profonde que les deux-tiers des merdes qui peuplent les écrans et qui dirait :

"Putain, mais à quoi ça rime la vie ?".

Les frères Coen auraient fait pareil avec dix-sept personnages, un cambriolage qui tourne mal et trente retournements de situation. Woa.

(suggestion pour les paumés de la narration, il ne faut pas "attendre" quelque chose du film, il faut s'imaginer à la place du gamin, ou du héros qui cherche le sens de ses visions, pour vivre le film .. Si on se fixe sur la recherche d'une intrigue, on passe à côté, d'où les reproches (pas justifiés à la scène du bateau par exemple))

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