Il n'y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï.

Avis sur Le Samouraï

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Le Samurai est un film de Jean-Pierre Melville sorti en 1967, tiré du roman The Ronin de Goan McLeod avec Alain Delon dans le rôle principal.

Le film commence directement sur une " citation " du Bushido : " Il n'y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï." qui est en fait une citation inventée par Melville ...

Le Samurai nous conte l'histoire de Jef Costello, un tueur à gages solitaire qui n'est pas sans rappeler Golgo 13, qui après avoir tué le patron d'une boîte de Jazz, se retrouvera interpellé par la police à cause d'un contrôle de police nocturne ... malheureusement pour la police, il a un alibi en béton et la pianiste de la boîte qui est la seule personne à l'avoir vu clairement, nie le reconnaître, lui permettant d'être relâché …

Source d'inspiration de John Woo (dans le Syndicat du Crime et en particulier dans The Killer), Nicolas Winding Refn (pour Drive), Jim Jarmusch (pour Ghost Dog) et Luc Besson (pour Leon), Le Samurai ne quitte jamais la vision solitaire de Jef, à l'appartement terne et méticuleusement organisé où la seule autre trace de vie se révèle être un chardonneret, qui comme son maître se trouve dans une cage réprésentant la ville, montré de la même façon que Scorsese le fait dans Taxi Driver, par des plans rapprochés qui ne s'éloigne que pour montrer l'oppression de la ville sur Jef (par des plongées ou des contre-plongées composées pour faire en sorte que le personnage soit insignifiant), qui est dans le prolongement des films noirs qui montrent des villes en perdition, oppressées par la corruption …

De plus, le film reprend les codes du film de samurai, en effet, lors des séquences de combats, on peut directement penser à Kurosawa, Koike ou Kobayashi avec un plan pour montrer les forces en présence avant un duel où celui qui arrivera à être le mieux adapté sortira vainqueur !

Au niveau des acteurs, Alain Delon incarne à la perfection cet assassin froid, mutique et prêt à tout, tellement bien, qu'il est assez difficile de s'étendre vraiment sur son jeu à part de dire qu'il mange le cadre et que je ne verrais pas un autre acteur français pour jouer ce rôle …

Sinon, Natalie Delon dans le film, est l'alter ego féminin de Jef, froide, sensuelle, déterminée, mais avec un côté un peu fragile qui approfondit son personnage.

François Périer (viens boire un petit coup à la maison) joue également à merveille son personnage du commissaire, qui malgré qu'il tienne aux valeurs de la justice traditionnelle, se montre totalitaire dans sa manière de faire respecter cette justice …

Cathy Rosier apporte aussi une performance de haute volée, avec son rôle de pianiste avec ses expressions toutes en subtilité !

La BO est composée par François de Roubaix (compositeur fétiche de Robert Enrico), qui nous fournit des compositions minimalistes et abstraites en fusionnant le son du Jazz américain avec la World Music française grâce a des accords d'orgue électrique ou d'accordéon avec les fameux quartets américains (Sax / flute traversière, contrebasse, batterie et piano).

Pour conclure, le Samurai est un film qui démontre la grandeur du cinéma français !

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