De gros coups de fouet pour Nero

Avis sur Le Temps du massacre

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Phénomène étrange lié à une exploration largement aléatoire de la filmographie de Lucio Fulci : je connais peu l'énergumène mais je connais mieux ses recoins inexplorés que le gros morceau de son œuvre tourné vers l'épouvante-horreur ("L'Au-delà", "L'Enfer des zombies" et compagnie). Un jour viendra. En tout état de cause, j'ignorais totalement que Fulci s'était aventuré du côté du western, spaghetti bien sûr, et ce à l'occasion d'une de ses premières grosses réalisations — la présence de Franco Nero en atteste. Un western qui a mes yeux aurait très bien pu être mise en scène par les deux Sergio de la série B, Sollima et Corbucci.

La trame narrative est assez classique, toutefois, pas de quoi crier au génie : l'éternelle histoire de la vengeance qui s'opère dans une certaine ignorance et qui s'accompagne d'une grande révélation au sujet d'un secret familial antédiluvien. Non pas qu'on voie la chose arriver de trop loin, mais la structure même des péripéties et des indices révélés petit à petit, elle, ne brille pas par son originalité. L'impression d'avoir déjà vu cela des dizaines de fois auparavant domine. Seules les enluminures sont un peu originales : Franco Nero aka Tom Corbett est un orpailleur qui reçoit un message le conseillant de rentrer dans sa ville natale, où il découvrira que la région tout entière appartient désormais à la puissante famille Scott — un peu comme ce qui arrive à Paul Newman dans "Les Feux de l'été" (1958) de Martin Ritt, au sein de la famille Varner, le patriarche incarné par Orson Welles.

Le protagoniste retrouve son frère isolé avec sa vieille nourrice dans une ancienne maison, et il lui vole un peu la vedette : le gars toujours bourré, toujours assoiffé, mais toujours habile pour la baston. Du côté de l'antagonisme, on a droit au personnage du fils totalement psychopathe qui fait régner la terreur à grands coups de fouet — l'occasion de mettre en scène une séquence très violente (en plus de l'intro avec des chiens) et probable source d'inspiration pour Tarantino dans "Django Unchained". C'est donc l'histoire de l'homme qui revient pour rétablir la justice, dans un style proche d'un western avec Clint Eastwood, mais avec un sens de la violence graphique davantage poussé.

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