Western mexicain

Avis sur Les 100 Fusils

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Ce film hésite entre le western traditionnel et le film d'aventure, son décor est celui d'un Mexique enfiévré en proie aux révolutions et aux coups de force militaires ; en général, je n'aime pas tellement ces ambiances dans un western, mais parfois ça peut donner du bon. Des films comme Viva Villa, Viva Zapata ou Bandido Caballero avaient déjà exploré ce sujet, les 2 premiers lorgnant plus vers le film d'aventure limite historique. L'originalité des Cent fusils, réside surtout dans ses personnages : celui de Lyedecker incarné par Jim Brown, est un sheriff adjoint noir, le général Verdugo incarné par Fernando Lamas qui compose un portrait classique de tyran mex, a pour conseiller un Allemand dévoré par la discipline dans son uniforme impeccable, le bandit Yaqui Joe est incarné par un Burt Reynolds fanfaron alors qu'il était dans sa période "ethnique", entendez par là qu'il jouait à cette époque des rôles d'Indiens par son physique qui semblait Latino (il était déjà un Indien métis dans Navajo Joe qu'il avait tourné en Italie 2 ans avant, l'un des meilleurs westerns de Sergio Corbucci).
Au milieu de tous ces hommes, la brune Sarita fougueuse et revancharde est incarnée par une Raquel Welch très sensuelle ; elle se paie même une scène de lit avec l'imposant Jim Brown, ce qui était doublement audacieux à Hollywood d'abord parce que le sexe a toujours été peu montré dans le western classique, et surtout parce que une Blanche et un Noir dans le même lit vous pensez bien ma bonne dame, ça fait grincer les dents des réacs du vieux Sud. La scène était donc progressiste, mais calmez-vous, cette scène de lit est très sage, on ne voit rien, n'empêche que le contraste à l'époque fut remarqué, la sensualité ravageuse de Raquel faisant merveille face à la mâle assurance de Jim.
Voici donc un western "mexicain" violent et érotique, intégrant parfaitement ces 2 éléments nouveaux qui faisaient irruption dans le western à l'aube des années 70, malgré un scénario parfois un peu brouillon, et quelques détails insolites comme cette magnifique voiture De Dion-Bouton jaune (l'action se situe en 1912) qui tranche avec l'aridité du désert de Sonora, c'est une aventure pleine de poussière, de sueur et de sang, avec des scènes d'action au punch authentique et une mise en scène nerveuse. Tom Gries n'a pas vraiment pris tout ceci au sérieux, préférant la fantaisie ; réalisateur peu connu en 1969, il venait de surprendre avec le western Will Penny le solitaire, puis deviendra un bon fabricant de la série B, mettant en valeur Charles Bronson dans L'Evadé ou le Solitaire de Fort Humbolt.
A noter enfin qu'on remarque dans un rôle secondaire, Aldo Sambrell, l'un des acteurs fétiches de Sergio Leone à l'époque de la trilogie des "dollars" et vu aussi dans Il était une fois dans l'Ouest.

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