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Les 8 Salopards par Goguengris

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Effet Péplum que l' ultra panavision procure, avec dès les premiers moments, l'oeil qui se rive sur un christ en croix couronné de neige, zieutant l'infini du grand ouest, fait d'un bois à tout d'épreuve, sauf peut être de supporter un pendu... On verra que dans ces espaces froids et austères, il vaut mieux que le pendu se disloque dans le chaud d'une sombre cabane.
On colle à une chevauchée étirée et cathartique s'enfonçant dans une profonde neige immaculée, tirant non pas Ben Hur, mais une diligence infernale, sortie de nulle part... et ça fait impression, au milieu de cet enfer blanc... tandis qu'une superbe mélodie hors sol (d'Ennio Morricone) emballe le reste de nos sens à l'affut de ce qui va suivre...
Evidemment, ça souffle tellement, le brave Quentin a décidé de faire rentrer les canassons, à l'écurie (grand bien leur fasse), et de faire rentrer tout son beau monde dans une mercerie improbable, et l'on n'en sortira pas vivant (ou à peine).
Monde de looser, chasseurs de prime, une calamity (Jennifer J Leigh qui a la gueule jamais intacte de déjection), un marquis noir en redingote et cravate rouge sang (le magnifique Samuel L Jackson), toute cette engeance de l'ouest at home (sweet home)...
Sans la tarte au potiron mais avec un chaud café et un sacré ragout!
Dans cette cahute invraisemblable sans son hôtesse (la gironde Minnie décalquée au fond du puit), dans ce réservoir déchainé de passions vicieuses, on va passer à la tragédie, ça va se resserrer autour de l'âtre, se déployer, avec des relents de thriller boursouflé, des aller retour cyniques, des dialogues sans fin (façon je parle trop, ça plait au cinéaste et à son dialoguiste). L'histoire va se faire et défaire autour de la thématique Tarentinesque, s'amarrer à plusieurs couples, fédéré confédéré, frère soeur, noir blanc, shérif bandit, chasseur et sa proie menotée jusqu'à ce que la menote s'incarne ou se désincarne...
Ca va faire son miel, le nôtre (même si on lorgne un peu l'heure), c'est tellement bien joué, filmé, millimétré et amplifié par le format au sein de cet espace exigu, sans restriction de poche de sang, d'image trash, de regards hallucinés, et de paroles, paroles..., jusqu'à une apothéose de violence, qui respecte "le sale nègre" sauf ses gesticules (mais chut! on devrait pas le dire...)

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