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Avis sur Les Évadés

Avatar Amina El Misbahi
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Il serait réducteur de résumer et limiter Les Evadés à un simple film traitant de l’évasion. Bien au-delà de cette acception, le film traite surtout de la rédemption, du conditionnement et de la culpabilité. Il représente l’espoir dans un milieu qui semblerait n’en procurer aucun. Le film dépeint la volonté transcendante de l’homme à pouvoir surmonter tous les obstacles, même dans les conditions les plus rudes et les milieux les plus austères. C’est un véritable réveil spirituel auquel on assiste.

Et il est ironique et paradoxal de constater que c’est au cœur même d’un système qui se veut réformateur que les individus finissent par être corrompus (exemple d’Andy qui était un citoyen honnête avant son incarcération) et l’on ne peut s’empêcher dans ce cas-là d’être d’accord avec Rousseau qui affirme que l’homme à l’état de nature serait bien meilleur sans l’intervention de l’autorité et des lois.

La réalisation quant à elle, tout en romantisme et en pudeur, est pour le moins en empathie avec les personnages. Ici, nous ne savons rien des crimes commis par les protagonistes. Le spectateur se retrouve ainsi dépossédé de sa qualité de juge, il s’oublie et se laisse porter par ses sentiments ; il devient, pour ainsi dire, une machine à compatir. Finalement, la question de l’innocence ou de la culpabilité d’Andy finit par devenir accessoire pour nous- spectateurs.

Il faut donc élargir le sens du mot, passer du contexte judiciaire où «innocent» signifie non-coupable au sens général et premier du terme: pur et naïf, comme l'enfant qui vient de naître, qui n'a encore rien vécu et ignore tout du bien et du mal. Cette idée que l'on commence une nouvelle vie en entrant en prison est confortée par l’image des nouveaux détenus qui entrent à nus en prison.
Dans ce film, nous suivons le destin de prisonniers condamnés à perpétuité. C’est un détail fondamental, car les détenus sont pris dans un étau. D’une part, la probabilité infime de pouvoir sortir et celle immense de se découvrir « institutionnalisé » (pour ainsi dire incompatible avec la société contemporaine). Car en effet, le prisonnier finit par appartenir, au fil des ans, aux murs qui le retiennent. Lorsque la liberté n’est plus elle-même un horizon de projection, le détenu finit par étouffer tout espoir. Voici le combat intérieur des protagonistes : oser ou non porter le regard par-delà les enceintes de la prison.
Faut-il mener ce combat jusqu’au bout ?

Finalement, toute la beauté et tout le génie du film résident dans la simplicité et la pureté des thèmes traités, de l’importance du courage, de l’espoir, de la persévérance et en définitive de l’amitié et de l’humanité.

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