On tachycarde, on retient son souffle, et on en prend plein la gueule.

Avis sur Les Misérables

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Montfermeil, 2019, sa jeunesse livrée à elle-même et ses bâtiments de béton brut.
Brut comme ce film, livré sans artifices : une BO sur le fil du rasoir, de longues minutes suspendues au silence des spectateurs. Un film réalisé avec brio, où l'on rit comme on tremble. Le jeu des acteurs parfois troublant, dérangeant, comme la manière de parler de Jeanne Balibar dans la séquence d'ouverture , est surtout bluffant. Damien, Djébril et Alexis nous laissent sans voix. Ils subjuguent par leur jeu et rendent leur personnage plus vrai que nature.

Les démons des émeutes de 2005, les ravages des réseaux souterrains et de Daesh sont omniprésents dans ce film à la colère sourde où la violence vient défigurer l'innocence.
On y découvre le quotidien des cités livrées à elles-mêmes, où la loi du Talion fait rage et ravages.
A l'heure où la jeunesse paye les affres des anciens, Les Misérables filme l'éveil de la fureur et l'impuissance de la volonté seule au cœur d'une violence systémique.

On tachycarde, on retient son souffle, et on en prend plein la gueule.

Ladj Ly signe ici un premier film de qualité qu'il faut honorer en allant le voir au ciné - même si l'on craint quelque peu la réaction du grand public à sa sortie.

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