Le malaise

Avis sur Les goûts et les couleurs

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Critique publiée par le

On a sans doute tous fait sur ce site cette expérience : regarder un film sans a priori, sans savoir comment il a été reçu, l'avoir trouvé pas mal, et se rendre compte en allant sur SC qu'en fait, bah, on a des goûts de chiotte, le film en question est nul, mal joué, pas drôle, bourré de clichés, limite beauf voir raciste à ma gauche, complainte gnangnan pour le vivre ensemble à ma droite.

(#extrêmecentre)

Bon, et comme le courage n'est pas la chose la mieux partagée du monde, qu'on est un animal social comme les autres, on se dit que, ouais peut-être qu'on s'est un peu emballé et que ouais, y'a quand même des trucs chelous, et que ouais les acteurs finalement, bof.

Bref on n'assume pas d'avoir aimé ce que la vox populi a rejeté. Surtout quand on a sur ce même site déclaré sans complexe sa réserve vis-à-vis de Citizen Kane, Apocalypse Now, le Parrain, Blade Runner et Gladiator : indéniablement défendre un film comme ça, c'est au mieux inconscient, au pire complètement débile.

Ou alors, on peut aussi boire frais et trouver que Sarah Stern est très touchante, que la façon dont le film joue avec les clichés est plutôt marrante sans être agressive, que le second degré - du moins sa compréhension - devient une espèce en voie de disparition et qu'un film où une juive pas religieuse pour un sou arrive à convaincre son amoureux musulman de manger du saucisson est une ode comme une autre à notre magnifique universalisme républicain, si malmené depuis, euh, bien trop longtemps déjà.

On peut encore trouver que la scène avec la famille du cuistot sénégalais et la dernière réplique du film prononcée par Richard Berry sont des bons coups de poing dans la gueule et qui n'occultent pas que le racisme, à la différence du courage, est lui réellement une des choses les mieux partagées du monde.

On peut aussi se régaler devant "Ne me quitte pas" chanté en yiddish.

Bref, on peut s'en battre les c*** de ce que les autres pensent.

le petit point cancel culture
La commission des oeuvres autorisées est affligée par ce qu'elle vient de lire. Pas la peine de reprendre point par point ce que l'autre débile de droite crypto-fasciste a écrit ci-dessus ; on se contentera d'infliger une amende de 5000 euros pour financer le pace-maker de Houria Bouteldja si jamais elle tombe par malheur sur ce torchon.

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