Monkey are strange

Avis sur Link

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Dans le bis pittoresque, Link atteint la stratosphère, avec ses singes boostés à 85 de QI et son climat franchement second. Malheureusement, il est difficile de savoir où il veut en venir, ou plutôt, il est difficile de comprendre la stratégie de ses auteurs. Partant sur des bases très ambitieuses, le film se réduit de manière invraisemblable, pour devenir une espèce de slasher qui n'aurait le droit de dire son nom. En plus de sa villa dans un cadre bucolique et de ses animaux mutants dont on adoptera à l'occasion le point de vue, Link partage de nombreux points communs avec Phenomena, film italien d'Argento sorti un an et demi avant.

La réalisation est charmante et l'intelligence de la mise en scène est d'autant plus troublante, face à la légèreté voir aux béances du scénario. Une tension étrange se ressent : le suspense ne saurait exister, mais la folie se répand librement. Rien ne viendra contrecarrer la descente aux enfers prévisible, tandis que les rares humains autour de Jane sont évincés systématiquement, à commencer par le professeur Phillip. Link minore sciemment toutes les voies scientistes que les projets de ce dernier suggéraient ; il y préfère une espèce de romance sans amour et à sens unique, se rapprochant du film d'épouvante, où une otage semi-consentante laisse Link, le singe surdoué, refermer son piège sur elle.

Révélé par Patrick en 1978 et connu pour Psychose II, le réalisateur australien Richard Franklin s'est dit insatisfait du résultat. Il n'a probablement pas pu communiquer une richesse de sentiments et d'intentions, qui n'arrivent au spectateur que de façon fragmentée. Link laisse des impressions un peu chancelantes, mitigées s'il faut les évaluer, mais son originalité et même son éventuel ratage interpellent. On a l'impression d'avoir participé à une expérience perçante, mais comme tétanisée au moment d'affirmer sa vocation. C'est comme arriver sur une île lointaine, où se ressent une familiarité indicible, puis rester assigné à la salle d'attente, où les histrions du coin se délassent, avec parfois un féroce sens du style.

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