Sofia, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon pêché. Mon âme.

Avis sur Lost in Translation

Avatar Mashiro
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C'est l'histoire de deux individus perdus dans leurs sentiments , perdus dans leurs vies et surtout perdus dans Tokyo.

https://www.youtube.com/watch?v=1j6MaJASWhA

Je me souviens de la première fois que j’ai vu Lost in Translation, c’était l’année de sa sortie en salles. J’étais relativement jeune et je n’avais pas vraiment conscience du film qui s’offrait à moi, de tout ce qui pouvait être dit et compris. A vrai dire, ce film m’avait marqué tout comme il m’avait laissé indifférent. Par la suite, je l’ai vite oublié, mais certaines scènes, certains plans étaient ancrés en moi. Il n’y avait pas vraiment de raisons à ce que je me souvienne de Bob perdant les pédales sur un vélo de salon face à un Tokyo nocturne ou bien de Charlotte plongeant seule dans la piscine du Park Hyatt de Tokyo mais ces scènes étaient et restaient inoubliables. Je l’avais revu peu de temps avant de m’inscrire sur ce site et je me suis retrouvé totalement bouleversé par toutes les émotions que ce film peut procurer. On peut le voir, le revoir et le rerevoir qu’il gardera toujours cette saveur unique et indescriptible tout en gardant sa part de surprise.

Lost in Paradise

Avec Scarlett Johansson en premier plan, le film commence de la meilleure façon qui soit, puis vient une voix lointaine et raisonnante au fort accent nippon nous souhaitant la benvenue à Tokyo. On se retrouve ensuite plongé dans l’univers doux et coloré qu’est Tokyo aux côtés de Bob, joué par Bill Murray. Le taxi traverse la ville lumineuse, dynamique et insomniaque que peut être la capitale nippone pour finir sa course à un hôtel grand, sombre et glaçant où nos deux Américains résideront tout au long de leur séjour.

Bob is lost and doesn't know the language

Lost in Translation se base sur l’évolution de ses deux personnages, touchants et attachants, uniques et pourtant si semblables. Bob, acteur quinquagénaire parti au Japon pour fuir sa femme et tourner un spot publicitaire, et Charlotte, tout juste diplômée, suit son mari qui semble l’ignorer. Enfermés dans leur bulle surplombant Tokyo, nos deux personnages mélancoliques vont s’entrevoir au détour d’un regard dans un ascenseur, puis se rencontrer et vont ensemble traverser les étapes de leur dépression commune, ils vont apprendre à se connaître et partager leurs sentiments en profitant de l’instant présent.

https://www.youtube.com/watch?v=-V0zlfhhMX0

Bob et Charlotte se trouvent perdus dans une immensité qui leur est totalement inconnue. Sans cesse en fuite face à l’ennui, on explore les faces peut-être un peu trop caricaturales mais réalistes d’un japon moderne et celle d’un japon traditionnel. Grâce à un cadrage appliqué et à un monde coloré, Sofia nous permet de nous évader dans un univers doux et poétique, son univers à elle, car c’est dans ce film que Sofia libère ses sentiments après un échec sentimental mais elle nous invite aussi dans un monde qu’elle affectionne tout particulièrement et dans lequel elle a passé une partie de sa jeunesse.
Une des principales caractéristiques de ce film dont ne je ne me lasserai jamais, c’est sans aucun doute le comique de Bill Murray. En effet il réussit à interpréter le cynisme de Bob avec une très grande justesse tout en laissant la tristesse profonde qu’il porte en lui. En effet Bob est triste, très triste, mais il nous fait éprouver du bonheur lorsqu’il s’épanouit aux côtés de Charlotte, il se sent revivre et, comme lui, on revit.

La mélancolie c’est le bonheur d’être triste.

Ce sentiment de rêverie qui nous poursuit tout au long du film est rendu principalement par la BO qui allie parfaitement l’ambiance sonore à l’ambiance visuelle usant d’un choix varié de groupe allant des morceaux chimériques de Kevin Shields à Air et son jouissif Alone in Kyoto sublimant l’errance de Charlotte dans les jardins japonais.

"Quelle chose étonnante - un dos qui s'éloigne - le dos d'un être injustement blessé qui s'en va pour toujours !"

On s’identifie facilement aux personnages, on se retrouve à leurs côtés et on se questionne comme eux, comme eux on se prend à s’abandonner mais à rire aussi, profiter de ces moments si précieux, s’évader dans l’inconnu et courir, courir à travers la foule compacte et les pachinkos hurlants pour finir émerveillés, puis se réveiller et se retrouver à nouveau face à notre dure réalité.

Je t’aime, oui Sofia je t’aime car tu as réussi à transcrire des sentiments inexprimables,
Je t’aime car tu m’as donné goût au cinéma,
Je t’aime car la solitude, la mélancolie et la soif de bonheur n’auront jamais été si belles.

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