Pas de douleur, pas d'émotion, pas de désir.

Avis sur Lucy

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Voilà ce que ça donne (selon Besson) quand on utilise notre cerveau au delà des capacités cognitives de l'être humain. Avant de me mettre enfin à visionner ce film, j'avais vraiment envie de l'apprécier et de pouvoir le défendre.

Critique contenant quelques [spoilers]

Avant tout, quelques points positifs.
Le début du film est correct, la scène avec Choi Min-Sik est agréable et nous met d'entrée dans une ambiance mafieuse prometteuse. Lucy est opérée sur place, son corps contenant une drogue expérimentale (CPH4), servant ainsi de mule dans ce trafic. Le problème vient clairement de la suite...
Lucy se retrouve en cellule et se fait tabasser par un agresseur qui lui explose le ventre à coups de pied. Ce qui a pour effet de répandre le produit de synthèse et de décupler immédiatement ses capacités physiques et psychiques.
Elle se retrouve quand même en lévitation dans cette scène, mais bon passons. Elle est à présent capable de maîtriser les flux électriques, les ondes et la matière ce qui lui donne des pouvoirs de télékinésie. C'est joli à voir, mais ce n'est pas crédible. Toutes les scènes mettant en avant cette capacité sont d'ailleurs assez symboliques. Tout va trop vite et les effets ajoutés à la transformation de l’héroïne sont absolument inutiles à mon goût (voir la couleur de ses yeux changer, la vision interne de son corps, son cerveau, etc...). Un peu cheap et peu subtil.
De plus, Besson a voulu mettre en parallèle de sa théorie "scientifique" des 10%, des scènes d'animaux façon reportage Arte qui viennent casser la scène principale déjà fort ennuyante. Le pauvre Freeman dans le rôle du professeur Norman a le droit d'entrée à ce discours inintéressant. Sa présence se justifie d'ailleurs avec une seule scène : quand il communique avec Lucy et que celle-ci lui montre ses capacités à maîtriser les réseaux électriques.

"Je ne ressens aucune douleur, aucune émotion, aucun désir".

Elle se transforme assez rapidement en un Terminator invincible aux pouvoirs démesurés et part à la recherche des trois autres mules pour récupérer les paquets de CPH4 qui se dirigent vers l'Europe. Lucy, c'est un espèce de personnage faussement "badass" qui défonce tout sur son passage. Comme d'habitude chez Besson, encore une référence à Taxi, lors de l'horrible scène où elle conduit une voiture "pour la première fois", à côté d'un flic qui ne lui reproche en aucun cas ses actes subliminaux...
Elle roule à contre sens pour soit disant aller plus vite, le tout en créant un nombre incalculable d'accidents dans la capitale. Pas vraiment le genre de trucs que je voudrais faire si j'avais ses "pouvoirs".
Et pas de suspense, elle récupère les trois paquets de drogue sans effort. En bonne droguée, elle s'injecte les trois paquets pour atteindre les 100% des capacités de son cerveau et planer pendant toute sa vie.
La fin est une sorte de trip sous acide, celui que vous faites avec un gros psychotrope hallucinogène. Si la drogue agit sur les neurotransmetteurs, alors Besson en a peut-être un peu abusé. Au moins, il va au bout de sa crise psychotique et de son trip jubilatoire, en atteignant l'extase. " I am everywhere "

"La vie nous a été donnée il y'a 1 milliard d'années (non), maintenant vous savez quoi en faire".

Clap de fin

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