C’est d’la bombe !

Avis sur Midway

Avatar Stephenballade
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Le titre donné à mon avis est une pirouette facile, hein ? Muni de la note attribuée, mon commentaire pourrait bien s’arrêter là d’ailleurs. Ben tiens, il va s'arrêter là tout de suite. Salut et à bientôt sur Sens Critique !
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(Un ange passe...
Puis deux...
Puis trois...
... et encore un autre...) Hé ! Ho ! Mais quelle est donc cette armée qui me coupe ma navigation... Internet ? Je suis littéralement bombardé ! heureusement que ce ne sont pas des Cupidons, je serai fichu de tomber amoureux de moi-même. Bon ok je m'aime et alors ? Non seulement je m'aime mais en plus j'aime faire partager ce que je pense des films, alors je vais poursuivre, si vous le voulez bien. Quoique si vous ne voulez pas, ça ne va rien changer :-))
Donc oui, mon argumentaire (si on peut l'appeler ainsi en l'état) aurait pu s'arrêter là tant le spectacle offert est à la hauteur de nos espérances. Car quoiqu’on en dise, Roland Emmerich est connu pour offrir au public des films à grand spectacle sans trop se préoccuper du reste. On se souvient tous que le cinéaste tombe parfois dans l’incohérence, voire le grotesque ("Godzilla", "2012"…), et va même jusqu’à s’affranchir plus ou moins de la réalité historique tant il veut en mettre plein les yeux du spectateur. C’est ce qu’on appelle tomber dans le too much. Malgré tout, à chaque nouveau film, on sent une certaine frénésie, une certaine impatience chez les amateurs de films qui en jettent. C’est bien évidemment dans cette optique-là que je suis allé découvrir ce "Midway". Le "Midway" millésime 2019. Car il existe d’autres fictions qui retracent la fameuse bataille de Midway. A commencer par le plus connu, "La bataille de Midway", datant de 1976 et doté d’un casting énorme. Le "Midway" de Roland bénéficie lui aussi d’un joli casting, avec notamment Woody Harrelson, Luke Evans et Patrick Wilson, auxquels se sont joints Dennis Quaid et Aaron Eckhart pour des apparitions moindres. Certes le casting est moins prestigieux qu’en 76 et je vais arrêter là la comparaison entre les deux films. D’abord parce que ce sont deux budgets différents et deux époques différentes (n’oublions pas que plus de 40 ans séparent les deux films), mais surtout parce qu’il y a trop longtemps que j’ai vu le film de Jack Smight.
Bon alors que vaut ce "Midway" ? Eh bien on en prend tellement plein les yeux que je pense que ce film vaut le coup d’être vu en 4DX. Les prises de vue sont résolument ébouriffantes quand on prend le point de vue du pilote, ce qui permet de dire aussi qu’il fallait avoir le cœur bien accroché pour aller au bout de la mission sous un déferlement de projectiles. Heureusement qu’on avait ces « fils de putes arrogants » (réplique tirée du film) pour renverser la tendance de cette situation apparemment compromise d’avance. Par cette psychologie décrite comme un peu rustre, il ne faut surtout pas attendre de discours évolués et donc de dialogues très fins, surtout quand on une vive amertume, voire de la haine, envers ceux qui ont perpétré un véritable attentat de grande ampleur. Attention, je ne dis pas que ces hommes ne sont des débiles profonds, je dis juste que ce ne sont pas des poètes, et encore moins de grands orateurs. Alors je ne sais pas si c’est voulu, mais le fait est que les acteurs manquent de charisme (à l’exception peut-être de Woody Harrelson), ce qui n'empêche en rien de représenter au mieux des hommes. De simples hommes. Des hommes réunis dans une cause commune. Des hommes unis jusqu’à la mort. Je sais, ça peut paraître cliché, mais n’en aurions pas nous fait autant à leur place ? Oui là aussi je sais, c’est assez difficile à se l’imaginer car les techniques de guerre ont sacrément évolué. Mais cela revêt une moindre importance quand l’esprit de vengeance est là. Toujours est-il que ces hommes sont dépeints aussi comme des non surhommes : à la fois emplis de doutes, de peur. Pour ma part, ma préférence s’en est allée vers des personnages secondaires, tels que les aides-mécaniciens deuxième classe (Nick Jonas dans la peau de Bruno Gaido et Keean Johnson sous les traits de James Murray). J’ai d’ailleurs beaucoup aimé l’anecdote stipulant que la mort vous fauche quand elle a choisi de le faire : une belle philosophie de vie, je trouve.
En considérant tout cela, le scénario a été plutôt bien écrit, d’autant qu’il va directement à l’essentiel, sans s’encombrer de moments trop pathos. Il s’avère même intelligent quand on revient, au prix d’une séquence impressionnante mais réduite par rapport à la réalité (ce qui est normal puisqu’après tout, on n’allait pas refaire "Pearl Harbor", sorti 18 ans plus tôt par Michael Bay), sur ce qui a motivé la bataille de Midway, encore aujourd’hui la plus grande bataille aéronavale de tous les temps (en nombre de bâtiments engagés et non de coulés) ; le film ne s’attarde jamais très longtemps sur la vie privée des hommes envoyés aux enfers, et encore moins du côté des officiers. Les coulisses de la préparation de cette bataille ne sont pas pour autant oubliés (les casseurs de code), sans qu’on rentre plus que ça dans les détails. A l’instar de l’amiral Nimitz, on nous dit que ce dont nous avons besoin. Après tout, place à l’action et au spectaculaire.
Et de ce côté-là, nous sommes servis ! Les effets visuels sont si bluffants qu’on les croirait presque bel et bien réels ! Et on se rend bien compte des enfers que les soldats ont dû traverser, qu’ils soient américains… ou japonais. Aussi je vois d’un très bon œil l’hommage rendu à ces hommes tombés (ou pas) pour leur patrie, que ce dernier soit à l’ouest du Pacifique ou à l’est.
La seule question qui me taraude est la suivante : pourquoi avoir doté Luke Evans d’une moustache alors que le personnage qu’il incarne, le colonel Wade McClusky, semblait en être dépourvu ? Et pour finir, ma plus grande déception réside en la… bande son : j’attendais un truc aussi énorme que "Tu ne tueras point" (de Mel Gibson, 2016), doublement oscarisé sur cet aspect technique. Alors ok, vous allez me suggérer sans doute que l’équipement de la salle n’était pas au top. Sauf que j’ai été voir "Midway" dans une salle Ice, équipée du son dolby atmos. C’est la seule chose pour laquelle le compte n’y est pas pour moi. Dommage ! D’autant plus dommage qu’on ne peut pas s’ennuyer devant ce film.

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