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Avis sur Misery

Avatar Vincent_Ruozzi
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Stephen King est un auteur prolifique. Avec plus de 50 romans à son actif, les œuvres de King sont un vivier pour le cinéma. De grands réalisateurs ont adapté ces romans, dont Stanley Kubrick (Shining), Brian De Palma (Carrie au bal du diable), David Cronenberg (Dead Zone) ou encore John Carpenter (Christine). Publié en 1987, Misery reçu le prix Bram Stoker et sera quelques années plus tard adapté par Rob Reiner.

Paul Sheldon est un écrivain qui vient tout juste de terminer le dernier livre de sa série à succès Misery. Sur une route enneigée et sous un blizzard aveuglant, Paul effectue une malencontreuse mais inévitable sortie de route. A son réveil, il se retrouve dans une maison isolée et ne pouvant plus marcher car ses jambes ont subi de multiples fractures. La propriétaire, Annie Wilkes, est une grande fan, peut-être même la plus grande, de la série Misery. Paul Sheldon lui laisse lire son manuscrit du dernier roman de série, transportant la joyeuse mais inquiétante Annie au 7ème ciel. Malheureusement, l’écrivain, voulant passer à autre chose, décide de faire mourir Misery et de clôturer la série avec ce livre. Cette décision entraîne une véritable transformation d’Annie qui décide de le séquestrer afin de réécrire l'histoire.

Misery est un duel, un rapport dominant/dominé où Annie profitant de la faiblesse de Paul due à l’état de ses jambes va écraser de sa supériorité le malade. Ce sentiment de toute puissance est renforcé par les gros plans filmés d’en dessous, symbolisant la vision de Paul, où Annie semble narguer le malade. Un malade qui comprend vite qu’il doit absolument se préparer physiquement s’il veut rapidement inversé ce rapport de force. James Caan est très bon dans le rôle de Paul avec sa douloureuse expression d’impuissance et de rage contenue. Kathy Bates, actrice issue du théâtre, est époustouflante dans son rôle d’Annie. Ses crises de colère, son regard froid et sa présence imposante donnent à son personnage toute sa crédibilité.

Un point fort du film est son rythme. Le caractère instable d’Annie fait que chacune de ses entrées dans la chambre de Paul entraîne un évènement important. De même que chacune de ses sorties prolongées en ville donne lieu à une intense course contre la montre où Paul essaye désespérément de s’échapper. Le temps est un élément important car chaque jour, l’écrivain gagne en force et le moment de sa délivrance semble approcher, mais en contrepartie, l’inversion prévisible du rapport de force rend Annie de plus en plus imprévisible et dangereuse. Une fuite en avant qui a pour apothéose la scène où Paul, attaché sur lit, va subir le terrible châtiment du sabot.

Lors de cette scène, Annie joue pleinement son rôle de bourreau en brisant les chevilles de Paul à l’aide d’une massue.

Oscarisée pour sa prestation, Kathy Bates signe dans Misery l’un des plus grands rôles de méchante. Un film angoissant se déroulant dans un quasi huis clos qui risque d’en traumatiser plus d’un, à l’instar du personnage de Paul.

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