Les vieux sont l’avenir

Avis sur Monty Python Live (Mostly)

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J’aime inconsidérément les Monty Python et l’annonce de leur dernier spectacle a suscité en moi un lapin géant de jalousie. Mais aussi la crainte d’une déception. Je me méfie toujours de ces anciennes gloires qui font un ixième baroud d’honneur. Mais merde, ce sont les Monty Python.
Les premières minutes du spectacle ne m’ont guère rassuré. Des vieux sketchs repris tels quels par de vieux acteurs. Puis, une chorégraphie avec de jeunes et beaux danseurs vient bousculer tout ça. C’est n’importe quoi. Ha, mais c’est ça les Monty Python.
Le plaisir manifeste des Britanniques est communicatif et j’aime les voir rire de leur propre délire.
Quand vient la chanson du pénis, chorégraphié et « étendu », mon intérêt grandit (et seulement mon intérêt). Dans une société schizophrène, oscillant entre puritanisme et exhibitionnisme, ces paroles extrêmement crues sont à la fois anachroniques et subversives. Les Monty Python viennent d’une Angleterre où la provocation était une nécessité. Leurs grivoiseries nous rappellent que nous avons baissé la garde.
Oui, certains sketches ont mal vieillis (je pense notamment à celui sur les Australiens), mais beaucoup gardent leur (im)pertinence. Les gags sur des homosexuels grandes folles, les juifs ou les musulmans titillent notre politiquement correct. Le message des cinq rescapés est claire comme un perroquet mort : nous sommes vieux, nous n’avons plus rien à prouver, nous faisons ce que nous voulons et « piss off ».
Car c’est aussi ça qui ressort de ce spectacle, ce contraste entre les corps jeunes et parfaits des danseuses et danseurs et ces papis qui gesticulent aussi loin que leurs artères leur permettent. Oui, ils sont vieux, mais cela ne les empêche pas de s’amuser, de délirer et même de se travestir. Leur corps est vieux et alors ? Malgré ses 73 ans, Carol Cleveland joue toujours les jeunes premières, ne reniant pas pour autant son sex-appeal. En ça, ce spectacle est résolument moderne et donne une leçon. Les survivants des Monty Python sont à l’image de leur sketch du « Granny gang », vieux mais rebelles. « Make tea, not love »
Tout au long du spectacle, Graham Chapman est omniprésent, comme si la mort ne pouvait l’empêcher de jouer avec sa troupe. Il est toujours vivant. Alors quand dans le générique de fin apparaît une double nécro, celle de Chapman et des Monty Python, on n’y croit pas vraiment. Leur gag le moins convaincant.

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