Mort ou vif par Incertitudes
Bon, ce film est connu pour avoir été un échec cuisant aux États-Unis lors de sa sortie en 1995 et je vais tenter de le réhabiliter malgré tout. Car oui, ce western, genre tombé en désuétude à l'époque et même encore maintenant, est arrivé à me scotcher au fauteuil.
Au cœur du projet, c'est Sharon Stone, sex-symbol rendue célèbre par Basic Instinct mais dont on peut voir la plastique irréprochable dans Silver et l'Expert au début des années 90 lorsque la mode était au thriller érotique, qui est ici co-productrice. Le problème, c'est que la jolie blonde ne m'a pas parue spécialement à l'aise et, au delà de ça, sa scène de sexe avec Russel Crowe me paraît totalement inapproprié. Comme s'il fallait absolument qu'elle nous montre ses seins. Moi, je n'ai rien contre quand cela fait partie du récit comme dans le film de Verhoeven. Mais là, elle semble détester Cort qui a appartenu autrefois à la bande d'Herod donc je ne comprends pas pourquoi elle couche avec. C'est le principal écueil du film. Stone en cow-girl, je n'y crois pas trop, elle non plus et ça tire le film vers le bas. C'est dommage car il y a d'excellents seconds rôles entre vétérans (Gene Hackman, Pat Hingle) et débutants (Russel Crowe, Leonardo Di Caprio).
Raimi, après avoir œuvré dans les films d'horreurs dans les années 80, s'attaque au western avec gourmandise. Il en respecte les codes entre duels au cordeau, rues poussiéreuses, saloons puant l'alcool, et ses personnages tous plus répugnants, pervers, les uns que les autres. Évidemment, j'ai eu en tête les films de Leone, de Clint Eastwood, de Sam Peckinpah. Raimi mêle aussi son propre style cartoonesque avec l'impact des balles qui soulèvent les gens du sol, les trous dans la tête, l'encre qui remplace le sang.
Le scénario, qui n'est finalement qu'un enchaînement de duels, peut être qualifié de creux mais l'avantage c'est qu'il ne laisse pas au spectateur le temps de reprendre son souffle. Donc, non le film n'est pas spécialement lent comme dans un Leone. C'est un western grand, très grand public, qui a essayé d'attirer les fans de la belle, les fans de série B d'action, et les nostalgiques du western qui n'ont plus grand-chose à se mettre sous la dent.