En quête de mémoire

Avis sur Mr. Holmes

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Après les versions clipesque et cocaïnée de Robert Downey Jr, intelligemment modernisée de Benedict Cumberbatch et anecdotique de Jonny Lee Miller, l’interprétation de Ian McKellen offre un contrepoint étonnant aux adaptations actuelles de l’univers de Sir Arthur Conan Doyle. Film lui-même adaptation du roman Les Abeilles de Monsieur Holmes de Mitch Cullin, publié en 2005.

Face à ces versions dépoussiérées, je ne cache pas que je me suis longtemps demander l’intérêt d’un tel film au fur et à mesure de ma séance. Le film au final n’est pas d’une grande envergure, mais il offre un point de vue intéressant sur le personnage de Sherlock Holmes, celui d’un homme confronté à sa légende.

Car, dans ce film, il existe deux Holmes, l’homme et la création littéraire du docteur Watson. Le premier est un vieillard aigri, malade et reclus. Un grand esprit qui n’a même plus la force de s’opposer à sa gouvernante. L’autre, la version de Watson, continue à être vigoureuse et éclatante, puisqu’elle a droit à sa version au cinéma. Le moment où le vieillard va se voir au cinéma est particulièrement succulent : “Une ânerie sans nom”.

“La fiction ne sert à rien.” (Sherlock Holmes)

Loin de la superbe de son homologue de papier, l’homme va vivre une aventure intimiste, à peu feutrés, et pourtant la plus douloureuse : une enquête sur sa propre mémoire.

“La véritable histoire d’une femme qui est morte avant son temps et
d’un homme convaincu d’avoir vécu bien plus longtemps que le sien.”

Il est intéressant de constater que Holmes cherche son salut, une plante du Japon, dans les cendres d’Hiroshima, où la mémoire collective a été supprimée en quelques minutes, où la froide raison, chère au détective, est aussi à l’origine de la bombe qui est tombée là.

Le combat de Holmes est biaisé par le travers qu’il veut combattre. Le vieillard veut à tout pris rétablir la vérité sur sa dernière enquête, son premier et dernier échec, en écrivant un livre.

“J’ai été seul toute ma vie, avec la compensation de l’intellect.”

Sauf que la mémoire n’est pas que de papier, elle est aussi transmission. Celle-ci s’incarne au travers du jeune Roger. Cet enfant montre un grand intérêt à l’homme et à sa légende. Pour lui, les deux sont la même personne. Et il se lance dans une enquête à sa mesure, celui du meurtre des abeilles.

Le vieil homme comprend le sens de cette mémoire, puisqu’il décide de léguer sa maison au garçon et à sa mère. Roger est le véritable héritage de Holmes, pas son livre.

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