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Cinéaste s'affirmant comme une figure majeure du panorama cinématographique français, Céline Sciamma signe avec ce premier long-métrage peut-être son œuvre la plus personnelle, la plus franche, la plus osée aussi.

Avant l'excellent Tomboy et le pas mal du tout Bande de Filles, la cinéaste ouvre sans gêne les portes d'un monde féminin et juvénile plein de grâce, de tendresse et de sensualité. Filmant les corps à merveille, elle porte une attention chaleureuse et un regard pénétrant sur les yeux, les visages, les mains, les pieds, les jambes, les seins - et plus encore - de ses personnages, jeunes adolescentes pubères et vierges se cherchant encore, pour certaines, s'étant – étonnamment et précocement - déjà trouvé, pour d'autres.

Ce monde, les hommes – ou plutôt les garçons – n'y sont que très peu conviés. Quand c'est le cas, ils sont ostensiblement stupides et ridicules – citons la cocasse et hilarante scène où le groupe d'ados se couvrent la tête de leur slip – exclusivement intéressés par les filles pour les baiser – disons-le aussi crûment que dans le film. Les filles, elles, cherchent plutôt leur premier baiser, en gentilles engeances divines pleines de vertu et si elles veulent coucher, ce n'est que pour copier les mecs – ces cochons qui montrent leur bite poilue dans les piscines (mais, Dieu soit loué, la plupart d'entre elles savent qui elles sont et ne nagent pas entre deux eaux).

Comme tout premier film, Naissance des Pieuvres connaît donc quelques faiblesses. Sur le plan technique, nous pensons à la bande son, souvent maladroite, aux types auxquels correspondent bien des personnages, au regard de la réalisatrice trop visible à travers des gros plans racoleurs. En ce qui concerne le fond, l'engagement de Sciamma - voire même le prosélytisme - prend presque le dessus sur l'aspect cinématographique, l’histoire ne servant que de prétexte à des idées personnelles - qu'elle défend certes avec courage et honnêteté – au détriment d'une recherche plus universelle pouvant fédérer un plus grand nombre de spectateurs - écueil qu'elle a su – ce dont nous nous félicitons - éviter par la suite.

Ainsi, avec cette toute première fois réalisée dans la douleur la cinéaste s'est affirmée en tant que jeune promesse, avant de se faire un nom parmi les plus illustres après avoir eu l'intelligence de gommer ses indésirables imperfections.

Marlon_B
5
Écrit par

il y a 5 ans

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10

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