Analyse dufilm New York New York

Avis sur New York, New York

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LA COULEUR DU FILM

Martin Scorscese commence son chef-d'oeuvre par un plan sur New York, avec bien évidemment, l'instrmentale de la BO du film. On remarque de suite le ton du film. Couleurs violettes, très chaudes, très flashy. On sent direct ici les couleurs type représentatives du jazz.
On remarque qu'il pousse le flashy des couleurs en jouant sur énormément de surexposition.
Très vite, on comprend la symbolique des couleurs. Nottament pour le rouge, qui est, dans ce film, la couleur de Liza Minelli. Dans la première séquence, il est présent au vernis sur ses doigts, à la cerise dans son verre d'alcool, et à son rouge à lèvres très marqué. Ces couleurs, sont bien évidemment des couleurs très jazzy et surtout très féminine, Minelli représentant dans ce film la Femme avec un grand F.
Lorsque De Niro joue, les couleurs ambiantes son rouges. Comme nous l'avons dit, le rouge est, dans le film, la couleur de Liza Minelli. De Niro joue donc pour Liza Minelli, la femme qu'il aime.
Lors d'un spectacle sur scène, Minelli va faire un malaise. Nous sommes au moment du film ou le malheur dans son couple commence à tomber, et le malaise peut être apréhendé par le vert qu'elle porte, signe de malchance sur scène.
Lorsque Liza est enceinte, elle prend, bien évidemment, des congés. Elle est donc remplacée au chant par une autre chanteuse, mais la couleur rouge n'est plus la, nous sommes bien plus dans le terne.

LE DECOUPAGE DE SCORSCESE

Après ce plan sur New York étant le générique de début, on passe ensuite à l'intro, sur un magnifique plan grue représentant toute la fête américaine, célébrant la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Pour ce film, Scorscese a réalisé de nombreux plans à la grue, afin d'établir les situations par beaucoup de plans d'ensemble.
Pendant la scène de drague, on peut rire des conneries de De Niro, mais surtout, on ressent l'ennui de Minelli face à ce lourdeau. Et cet ennui est très bien representé par des plans longs et embarrasants, fixes, dans lesquelles on s'ennuierait presque si De Niro ne parlait et ne bougeait pas tant.

DE NIRO : LE DOMINANT EXTRAVAGANT

Sur le plan d'intro, De Niro domine la foule dans un plan qui ressemble mystérieusement au plan culte du Loup de Wall Street ou Di Caprio fait la fête sur son balcon, avec tous les invités en dessous.
Dans ce film, De Niro est un extravagant, totalement hors-norme, et on le remarque de suite, par un seul trait le démarquant: sa chemise d'un bleu hideux avec les motifs d'une statute de la liberté et d'un écrit New York. On remarque d'ailleurs que dans chaque scène, De Niro est la seule touche d'extravagance dans cette masse ou chacun se ressemble parfaitement.
Lorsque De Niro est seul, on remarque que les plans sont sombres, et que les couleurs frappantes qui arborent habituellement son costume ne sont plus la et ont été remplacés par des couleurs sombres elles-aussi, des couleurs tristes. De Niro, un homme plein de vie, toujours à vivre sa vie à fond, mais qui est, au fond de lui, quelqu'un de très seul et de malheureux.
Lorsque pour un concert, De Niro est habillé comme tout le monde et rentre dans le moule, il se démarque quand même par son extravagance, mais cette fois, non pas une extravagance esthétique, mais musicale. En effet, il va dégénerer dans sa musique, jusqu'à quasiment faire un concert seul.
Que serait De Niro dans ce film sans ses cheveux plaqués en arrière ? Mais outre le charisme que celui lui procure, ils sont aussi, tel les oreilles d'un chien, très démonstratif de l'état mental de De Niro. En effet, on remarque qu'à chaque situation ou De Niro perd contrôle, ou il perd son assurance, ses cheveux sont totaement décoiffés.

LA PERIODE SOMBRE DE SCORSCESE

New York New York est considéré comme le pire film de Scorscese. A son arrivée au box-office, tout le monde le rejetait, et en effet, Scorscese l'a réalisé lors de sa période "folie hollywoodienne" ou il était cocainoman. Malgré que le film est un véritable chef-d'oeuvre, on se souvient de cette période par le grand nombre de faux raccords, qui malheureusement choque, et qui détache le spectateur du film.

LIZA MINELLI : FEMME FORTE MAIS AMOUREUSE

Bien évidemment, lorsque l'on voit New York New York, s'il y a bien une scène que l'on retient, c'est la longue scène ou De Niro, en bon dragueur bourré de confiance en soi, va faire la cour à une Liza Minelli coincée et indignée face à l'extravagance de De Niro. Scorscese n'est pas un pro-symbolique, mais dans cette scène, il symbolise de manière très discrète, le moment ou Liza Minelli commence à trouver De Niro charmant, et qu'on voit qu'elle "tombe dans son piège". C'est simple, c'est bête, mais ça fonctionne, et c'est tout simplement le moment ou elle croque la cerise de son cocktail en souriant, on comprend que De Niro a réussi à la charmer.

Minelli est une femme avec une forte personnalité, mais qui a du mal à l'assummer, on le sent dès le début du film. Lorsqu'elle voit De Niro, cet homme plein d'extravagance et d'arrogance, et qui l'assumme totalement, elle est d'abord pris d'un dégout, guidé par les bonnes moeurs des gens, mais aussi pris d'une facination face à cette assurance. De Niro va avoir extrèmement d'influence sur elle, et nous le voyons dès qu'elle commence à sortir avec lui.
Au début du film, elle porte des vêtements de couleurs neutres, qui vont, au fur et à mesure de sa relation avec De Niro, se colorifier, montrant qu'elle aussi désormais, assume son extravagance. On prend conscience aussi de cette assumation par le fait qu'elle aussi, se met à porter des vêtements aux couleurs flashy et extravagantes.
Lorsque sa carrière est au plus haut, elle est LA FEMME. Et cela se voit encore une fois par sa tenue, car elle ne porte que du rouge, symbole même de sa féminité.

LA MUSIQUE DU FILM

Bien évidemment, la musique est quasiment omniprésente dans cette romance se déroulant dans le mileu du jazz des annés 50. Lors des scènes musicales, on remarque que ce n'est pas la caméra qui guide la musique, mais l'inverse. En effet, lorsque De Niro joue, on remarque que la caméra bouge de manière très langoureuse, en suivant les notes érotique du jazz.

DE NIRO ET MINELLI : LE COUPLE

DE Niro et Liza Minelli forment dans ce film un magnifique couple, fou d'amour, et vivant les deux au même rythme, dans la même troupe, et ayant la même passion. Au fur et à mesure qu'on avance dans ce film, ils vont s'unifier. Tout d'abord, ils se démarquent des autres par leur amour et leur joie de vivre à la limite de l'éxubérance. Cela est montré plusieurs fois, mais leur amour est représenté de la plus belle et la plus simple des manières dans ce plan ou toute la troupe est dans le bus, en direction du prochain concert, et ou chaque musicien est assis sur les sièges marrons et ternes de ce bus, tandis que le couple est enlacés, et adossé, eux, à la veste rouge pimpante de Minelli, au même couleurs que ses lèvres.
Lorsque De Niro apprend que Minelli écrit New York New York pour lui, il 'amène en pleine nuit chez un curé, pour l'épouser. On sent dans cette séquence que le couple est, malgré que Minelli est hésitant au fait d'épouser De Niro, totalement unifié. Et cela se joue encore une fois dans les costumes, mais ils ont les exact même vêtements, et cela est fait de manière très subtile car il attrappe juste des manteaux à se mettre par dessus leurs sous-vétements.
Une fois marié, le couple va évoluer. Minelli, va pratiquement porter que du rouge, couleur de sa féminité, de son amour pour De Niro. De Niro, lui, va porter des couleurs plus ternes, plus foncés. On comprend déjà qu'il y a un déséquilibre qui se fait, dans l'amour que chacun à pour l'autre. On le remarque très vite, car Minelli devient très candide et amoureuse tandis que De Niro lui, est un jaloux possessif.
Au bout d'un moment , il arrive au couple ce qui arrive à beaucoup de couple; Liza tombe enceinte. Cela provoque une immense dispute du couple, filmés en plans sombres, dès le début ou Liza commence à vouloir en parler à De Niro, indiquant donc que ceci ne sera pas une bonne nouvelle pour le couple.
Lorsque des annés plus tard, ils sont séparés, avec un enfant, on remarque que leur amour l'un pour l'autre n'est toujours pas parti. Lorsqu'après un concert, Minelli est dans sa loge, avec pleins de monde, on ne la voit qu'en plan taille. Quand De Niro arrive dans la loge, pour revoir son ex-femme, et la féliciter sur sa prestation, nous la voyons en plan général, et qu'apercevons-nous ? Un pantalon rouge qu'elle porte, et qui est montré que lorsque De Niro est présent. On retrouve donc une touche d'amour lorsqu'ils se revoient après plusieurs années.
Le couple évolue, chacun de son côté. Minelli pousse sa carrière, reste le symbole même de la femme, et reste sur la couleur rouge; tandis que De Niro s'efface petit à petit en portant des couleurs de plus en plus ternes.
Néanmoins, ce que ce couple nous laisse en tête, ce ne sont pas ces moments la, mais bien les moments ou De Niro était au saxophone, Minelli au chant, et que les deux communiquaient par leur art.

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